28 juillet 2021

Vieux-Boucau : Pomme à la rencontre du public et des Landes

« Je suis celle qu’on ne voit pas, je suis celle qu’on n’entend pas », entonne Pomme pour sa première musique à Vieux-Boucau, le 17 juillet. Avec ce titre, « Anxiété », la chanteuse prépare le public … Lire l’article original

La jeune artiste a poursuivi sa tournée dans les Landes, samedi 17 juillet. Elle s’est produite pour la première fois dans les arènes de la cité balnéaire devant touristes et locaux.

« Je suis celle qu’on ne voit pas, je suis celle qu’on n’entend pas », entonne Pomme pour sa première musique à Vieux-Boucau, le 17 juillet. Avec ce titre, « Anxiété », la chanteuse prépare le public à de l’humour et de l’ironie. Environ 1 000 personnes, limite de la jauge sanitaire ici, dans les arènes, l’écoutent, assis soit dans la fosse soit dans les gradins. Yann, un grand fan, l’a découvert sur France Inter et est venu depuis Bordeaux. « C’est rare de trouver une jeune avec des paroles aussi mûres », apprécie-t-il. Dès les premières notes de musique, il se redresse. Mais ici, pas besoin de se mettre sur la pointe des pieds pour tenter d’apercevoir l’artiste sur scène. C’est bien l’avantage des concerts assis.

Après le premier titre, Pomme s’adresse au public et raconte sa journée dans les Landes : « J’ai appris à plonger sous une vague. C’est vachement plus sécuritaire de faire ça plutôt que de se prendre la vague ! » Elle respire la simplicité, le naturel et annonce une seule règle : « Être soi-même. » Comme un écho à sa carrière musicale puisqu’elle a souvent expliqué qu’elle avait parfois suivi des recommandations sans affirmer sa propre identité.

« Des émotions taboues, comme l’anxiété »

Elle s’exprime avec sincérité dans son album « Les failles », réédité quelques mois plus tard et devenu « Les failles cachées » et dévoile ses faiblesses. Elle enchaîne avec le titre « Je sais pas danser » puis « Les cours d’eau ». Accompagnée de deux musiciennes, Clem et Caro, la voix est à la fois douce voire nonchalante, d’un timbre reconnaissable entre mille. Deux spectatrices, Axelle et Tiphaine, se reconnaissent dans les textes qui traitent « des émotions taboues, comme l’anxiété ». « Elle véhicule de la force pour les gens qui l’écoutent », affirment-elles.

Le public était masqué et assis pour ce concert de Pomme aux arènes de Vieux-Boucau, le 17 juillet.
Le public était masqué et assis pour ce concert de Pomme aux arènes de Vieux-Boucau, le 17 juillet.

Philippe Salvat

Entre deux musiques, elle demande la spécialité culinaire locale. « Le pastis qui se mange ? » Sensible au bien-être animal, elle avoue : « Je suis contente que chez vous ce soit un dessert. » Le public s’amuse de sa franchise et de ses traits d’humour. Pomme invite le public à chanter avec elle, pour une « chanson qui guérit un peu ». Elle reprend alors « Désenchantée » de Mylène Farmer, particulièrement adaptée à l’année 2020-2021. « Nager dans les eaux troubles des lendemains, à attendre ici la fin », elle est paisible, et sa voix s’accorde avec mélancolie aux accords de sa guitare électrique. Le public répond présent aux appels : « Tout est chaos (à vous) à côté (ouais) ». Dans les gradins, les flashs des lumières suivent le rythme doux de la Lyonnaise.

Lorsqu’elle sort son auto harpe, les spectateurs ne cachent pas leur satisfaction, comme s’ils attendaient l’instrument, devenu emblématique de la chanteuse. « Moyenâgeux, chelou », à son image, plaisante-t-elle, il symbolise la « druide life que j’ai désiré mener ».

Sincérité et simplicité

Son rire d’enfant remplit parfois les arènes, notamment quand elle enfile un chapeau en forme de champignon, une promesse faite à un spectateur qui lui avait prêté lors d’un précédent concert.

Guitare sèche, électrique, auto harpe, Pomme varie les ambiances.
Guitare sèche, électrique, auto harpe, Pomme varie les ambiances.

Philippe Salvat

En plein air, sous les étoiles et la demi-lune, Pomme et ses musiciennes varient les ambiances, les instruments. La chanteuse propose une version étrange de son titre « Les séquoias », avec derrière elle des croquis rouges et désarticulés sur fond noir. Le public frissonne, est-ce dû au souffle du vent ou à la performance de l’artiste ? En tout cas, les applaudissements ne se font pas discrets. Après un contrat oral passé avec le public « qui stipule que vous nous rappelez pour la suite », Pomme sort de scène.

La force des arrangements

Elle en revient, le sourire aux lèvres, et repart sur un mauvais départ de la chanson « Grandiose ». Elle conclut la soirée avec une version dynamique d’« Une minute », autant par l’arrangement que par le jeu des lumières bleues et vertes. Ses deux musiciennes lui apportent un drapeau de la gaypride pour le salut, sous la voix de Céline Dion et de son titre « Destin ».

À la sortie des arènes, le public fait part de son ressenti. « Elle est pétillante », admire Clara, « poétique », selon Marcy, procure « une bouffée d’oxygène » à Éric. Si elle a satisfait les oreilles, restait à conquérir les cœurs. « J’aime beaucoup sa tendresse », apprécie Manu. Il doit être d’accord avec Pomme lorsqu’elle remerciait, quelques minutes plus tôt, son premier public de Vieux-Boucau en plaisantant : « Je crois qu’une relation durable s’est créée entre nous. »

Dimanche 18 juillet, le festival Essentiel continue. Le public des arènes a rendez-vous avec Feu ! Chatterton. 19 h 30 > ouverture des portes. A 20 h 30 : Since Marie ; 21h15 : Sélénite ; 22h00 : Feu ! Chatterton. Rens : https://www.lma-info.com

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