24 septembre 2021

Victime des inondations, une famille landaise cherche désespérément à retrouver un toit

Victime de trois inondations en huit mois à peine, leur maison à Bougue est devenue inhabitable. Les parents et leurs deux enfants de 6 et 2 ans ont dormi dans un refuge, à l’hôtel, cinq mois dans une salle des fête, puis dans un gîte. Ils rêvent désormais d’une maison à eux. Lire l’article original

A Bougue, en mai 2020, l’eau a envahi leur salon. Fin décembre, lors des nouvelles inondations, l’eau est à nouveau entrée chez eux. Puis une troisième fois, en janvier dernier. Depuis, impossible pour cette famille landaise de vivre dans leur maison : un mouvement de sol a rendu le lieu inhabitable, les murs sont fissurés, et le toit menace de s’effondrer. Leur assurance ne prévoit pas de relogement. Les parents et les deux enfants, âgés de 6 et 2 ans, ont donc enchaîné les logements. Aujourd’hui, ils louent un gite à Perquie et se battent avec les assurances.

Les cadeaux de noël et le sapin flottaient au milieu du salon

Cette soirée de fin décembre, Frédéric s’en souvient comme si c’était hier. Avec sa compagne Amandine et leurs deux enfants, ils étaient partis diner chez des amis. En rentrant, il s’est mis à pleuvoir énormément. Vers 23h00, le père est parti se coucher : “Deux heures plus tard ma compagne se lève, il n’y avait plus d’électricité dans la maison. Elle descend les escaliers… et elle termine les pieds dans l’eau.

Pour le père de famille, c’est une “vision d’horreur” : les cadeaux de noël des enfants et le sapin flottent en plein milieu du salon. “On avait l’impression d’être dans le Titanic. C’est bête à dire, mais c’est l’impression qu’on a eue.” La famille est alors prise en charge par les pompiers et relogée d’urgence dans le refuge des marcheurs de Saint-Jacques-de-Compostelle. L’assurance prend ensuite en charge cinq nuits d’hôtel pour la famille.

Le salon de leur maison à Bougue, à la fin du mois de décembre 2020, lors de la deuxième inondation - La famille
Le salon de leur maison à Bougue, à la fin du mois de décembre 2020, lors de la deuxième inondation – La familleLa famille

On était comme des réfugiés climatiques

Après ces nuits passées à l’hôtel, Frédéric, Amandine et leurs enfants ont vécu cinq mois dans la salle des fêtes de Bougue : “Cinq mois dans un open-space de plusieurs centaines de mètres carrés. On était comme des réfugiés climatiques. On dormait sur des petits lits, et on avait des sacs avec toutes nos affaires dedans.

La famille avait accès aux sanitaires, situés derrière la salle, et préparait leurs plats dans la cuisine professionnelle dédiée au mariage. Les parents tentaient alors de garder le sourire face à leurs enfants : “La vie est totalement perturbée, on est en plus en pleine période de confinement. On essaye de faire bonne figure et de ne pas montrer que parfois on est totalement démoralisés, car c’est eux le plus important.” 

En parallèle, le combat avec les assurances commence

En quelques mois, l’électroménager est rapidement remboursé, mais les constatations tardent à être faites. “Le sol a bougé, les murs sont en train de s’ouvrir, il y a des brèches de partout“, raconte le père de famille. Un expert est passé, mais il assure que c’est au maire de faire les constatations, raconte le père.

Le problème, c’est que la première inondation n’a pas été prise en compte dans l’arrêté de mouvement de sol. L’assurance joue sur les dates, regrette Frédéric. On ne sait pas pourquoi. Les devis pour les travaux ont donc été mis en suspens. Je ne sais pas s’ils vont les reprendre, raser la maison, ou la rehausser. Nous, nous ne voulons plus vivre là-bas, on a été traumatisés.”

La chambre de la petite fille de deux ans lors des inondations de fin décembre
La chambre de la petite fille de deux ans lors des inondations de fin décembreLa famille

La famille avait acheté cette maison trois ans avant le drame. Elle avait des crédits à rembourser, mais leur prêt a été suspendu pendant deux ans, pour leur permettre de payer le loyer du gîte dans lequel ils vivent actuellement sur la commune de Perquie. “La bâtisse est très vieille, magnifique, mais très vieille. C’est un meublé, donc tous nos meubles sont stockés ailleurs. On ne sent pas vraiment chez nous. Certaines personnes vivent comme ça pendant deux ou trois ans, c’est ça qui nous fait peur.

Depuis leur départ, Frédéric va presque tous les jours voir son ancienne maison. “Psychologiquement, ca m’aide.” Autour d’eux, heureusement, la solidarité s’est mise en place : le maire, d’abord, leur a ouvert les portes de la salle des fêtes, et l’association le Panier montois leur donne des paniers de nourrir gratuitement. “Tout ça pousse désormais à chercher des maisons situées en hauteur, quand elles sont sur des collines, ça nous fait plaisir“, sourit tout de même le père de famille.

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