23 juin 2021

US Dax : « Sur le bord du terrain, il faut que je me calme un peu », constate Arnaud Mignardi

Passé par Auch, Agen, Clermont, Biarritz, Brive ou le Stade Montois, jusqu’au confinement de mars 2020, Arnaud Mignardi (34 ans) est devenu entraîneur des arrières de l’US Dax quelques semaines après … Lire l’article original

Le Gersois Arnaud Mignardi vient d’effectuer sa première saison en tant qu’entraîneur, avec les rouge et blanc, quelques semaines après avoir arrêté sa carrière de joueur. Il revient sur cette année de découverte où il a pris beaucoup de plaisir et connu quelques frustrations

Passé par Auch, Agen, Clermont, Biarritz, Brive ou le Stade Montois, jusqu’au confinement de mars 2020, Arnaud Mignardi (34 ans) est devenu entraîneur des arrières de l’US Dax quelques semaines après l’arrêt de sa carrière de joueur. Après sa première saison comme technicien en Nationale, l’ancien trois-quarts centre, en vacances chez lui à Bidart (Pyrénées-Atlantiques), revient pour « Sud Ouest » sur son expérience, avant de débuter une deuxième saison avec les rouge et blanc, au mois de juillet.

Comment avez-vous vécu cette première saison en tant qu’entraîneur ?

Très bien alors que je partais vraiment dans l’inconnu. Je n’avais pas prévu d’entraîner si tôt et je pensais repartir pour une saison, mais j’ai saisi l’opportunité. J’avais seulement entraîné dans les catégories jeunes en passant mon diplôme – mais cela n’a rien à voir quand on est face à des pros – et je ne connaissais pas le groupe de Dax, mis à part Jack Isaac (son ancien entraîneur à Biarritz de 2009 à 2011, NDLR). J’ai pris du plaisir car le championnat de Nationale est très intéressant. J’ai aussi été agréablement surpris par le niveau des joueurs de Dax. Je savais que ça allait me plaire mais je ne savais pas si j’avais la capacité pour entraîner.

« Si je rentre et que j’envoie ma première passe dans la tribune, on va me prendre pour un rigolo. Et derrière pour donner des consignes… »

Était-ce facile de basculer si rapidement de joueur à entraîneur ?

Oui, même si au fond de moi, je garde encore l’envie de jouer. De temps en temps à l’entraînement, je me mettais en opposition et je faisais deux trois exercices avec eux pour m’amuser. Comme on a eu pas mal de blessés cette saison, cela m’a permis d’intégrer le groupe pour remédier à certains manques et de ne pas avoir une coupure nette. Quand il y avait des ballons de contre-attaques, je les jouais à 100 %. Mais en évitant de me blesser en plaquant les mecs ou en leur rentrant dedans comme un sauvage. Je faisais plutôt la passe (rires). Cela me permettait également de comprendre pourquoi certaines situations ne marchaient pas.

Vous n’étiez même pas loin de rechausser les crampons mi-février, quand l’USD comptait de nombreux blessés derrière (Prat, Pilati, Dechavanne, Pisano)…

On avait évoqué en début de saison avec Benoît (August) que je prenne une licence de joueurs en cas de soucis. Je ne l’ai pas fait mais à un moment, si on avait eu un blessé de plus, je devais y aller (rires). Mais ça n’a pas été le cas et c’était un mal pour un bien. Jouer et entraîner, c’est bien quand tu es en 3e ou 4e série. C’est plus compliqué dans un groupe pro. Tu exiges quelque chose des joueurs et si toi, tu dois rentrer et tu ne le fais pas bien, tu passes pour un blaireau. Si je rentre et que j’envoie ma première passe dans la tribune, on va me prendre pour un rigolo. Et derrière pour donner des consignes…

Sur le meme sujet

US Dax rugby : retour sur les moments clés de la saison

US Dax rugby : retour sur les moments clés de la saison

Largement battus dimanche à Suresnes (33-15) lors de la dernière journée, les rouge et blanc ont terminé la saison à la sixième place de Nationale, à neuf points de la qualification. Une saison qui leur laissera des regrets. En voici les principaux tournants

Que pensez-vous avoir appris durant cette première année en tant qu’entraîneur ?

J’ai appris beaucoup des joueurs. J’ai essayé d’être à leur écoute le plus possible et de ne pas reproduire ce que je n’avais pas aimé durant ma carrière. Et notamment ne jamais être dans la routine aux entraînements, que les joueurs sachent à l’avance ce qu’ils vont faire lors des séances. Être dans l’échange aussi, c’est quelque chose qui m’a énormément plu cette année. Et puis j’ai appris aussi à garder cette petite distance – ce dont j’avais peur au début car j’étais encore de l’autre côté il n’y a pas si longtemps -, pour ne pas trop tomber dans la copinerie plus que dans le rôle d’entraîneur.

Avec un an de recul, quel conseil donnerait le Arnaud Mignardi de juin 2021 à celui de juin 2020 ?

Sur le bord du terrain, il faut que je me calme un peu. Il m’est arrivé deux trois fois de lâcher des noms d’oiseaux aux arbitres (rires). C’est mon tempérament mais il faut que j’arrive à en garder sous la pédale pour montrer que, sur le côté, le staff est serein. Et éviter que cet énervement rejaillisse sur les joueurs.

« Je ne fais pas ce métier pour faire carrière et je ne me vois pas aller à Oyonnax ou Vannes. J’ai envie de rester dans le Sud-Ouest »

Vous venez de vous lancer dans ce métier, êtes-vous parti pour une longue carrière d’entraîneur ?

Ça a marché cette année mais peut-être pas l’année prochaine. C’est un métier hyper aléatoire et je n’ai aucune vision à long terme. Je prends saison après saison (rires). Je suis là pour apprendre, acquérir de l’expérience. Je ne fais pas ce métier pour faire carrière et je ne me vois pas aller à Oyonnax ou Vannes. J’ai beaucoup bougé en tant que joueur et j’ai envie de rester près de ma famille, dans le Sud-Ouest.

Qu’avez-vous pensé du jeu produit par les lignes arrières cette saison ?

Je suis content du jeu dans le mouvement général car – même s’il en manque encore beaucoup – on a eu de belles situations et on a souvent réussi à breaker dans le jeu de mouvement et les couloirs, pour trouver de l’avancée. Mais je suis déçu car je crois que nous n’avons pas marqué un seul essai directement sur nos lancements de jeu. Il faut qu’on progresse là-dessus mais la saison des trois-quarts a été globalement satisfaisante.

En arrivant à Dax, vous vouliez transmettre votre hargne et votre état d’esprit de gagneur. Pensez-vous y être parvenu ?

Je trouve que les joueurs n’ont pas lâché et ont montré du mental toute la saison, qui était particulièrement compliquée, pour un groupe jeune. Forger un mental de gagneur, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Mais en défense, ils ont vraiment progressé, il y a bien plus d’agressivité, de circulation. C’est aussi ça qui montre l’état esprit l y a beaucoup de choses dans le mental.

« Le défaut que je peux leur reprocher c’est, lorsque l’on est favori, d’être beaucoup moins précis »

On a souvent eu l’impression que dans la difficulté, l’équipe ne parvenait pas à renverser la situation ou, parfois, craquait totalement…

Quand les joueurs n’y étaient pas, je le voyais tout de suite à l’échauffement. Comme à Narbonne. Mais c’est une tâche dans la saison, ça ne reflète pas l’état d’esprit de l’équipe. C’est plus notre gestion des matchs qui nous a fait défaut. On a souvent eu de petits soucis techniques (mauvais jeu au pied, un oubli en défense…) et des erreurs individuelles nous ont empêchés de conclure le truc collectivement. Le mental, ils l’ont eu, sinon, ils n’auraient pas tenu la dragée haute à Nice, à Narbonne, à Albi ou Bourg-en-Bresse. Le défaut que je peux leur reprocher c’est, lorsque l’on est favori, d’être beaucoup moins précis. Il faudra changer ça et avoir peur de tout le monde car en Nationale, tout le monde peut gagner partout.

Sur le meme sujet

Lire l’article original