11 avril 2021

Une queue de loup offerte à la préfète des Landes : l’affaire devant le tribunal ce lundi

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Le président du Conseil départemental des Hautes-Alpes comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel, pour avoir offert une queue de loup, en février 2020, à Cécile Bigot-Dekeyzer, qui s’apprêtait alors à quitter Gap pour les Landes

Acte politique ou infraction contre une espèce protégée ? Le président du Conseil départemental des Hautes-Alpes comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel de Gap, pour avoir offert une queue de loup à un représentant de l’Etat. En effet, le 21 février 2020, lors de la cérémonie de départ de la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer, qui quittait Gap – où elle avait été, deux ans durant, à la tête de la préfecture des Hautes-Alpes – pour les Landes, Jean-Marie Bernard (LR) lui avait remis cet appendice de l’animal. Un “acte politique” qu’il avait alors revendiqué pour défendre les éleveurs, confrontés aux attaques du canidé sur leur bétail.

Un délit passible de trois ans de prison et 150 000 euros d’amende

Plusieurs associations de défense de l’environnement avaient alors saisi la justice et l’enquête ouverte par le parquet avait abouti en décembre à une comparution en reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) que l’élu avait rejetée. Jean-Marie Bernard sera donc jugé lundi pour détention, transport et cession d’une partie d’espèce protégée, un délit passible de trois ans de prison et 150 000 euros d’amende.

“Compte tenu de la dimension politique, ce procès n’aurait jamais dû avoir lieu”, estime Philippe Neveu, avocat de l’élu, dont les frais de justice sont pris en charge par le département, qui a voté en faveur de sa protection fonctionnelle.

“Un geste fort”

C’était “un clin d’oeil que j’ai voulu faire et un geste fort : les préfets passent, le loup reste et les éleveurs sont toujours aussi désespérés”, avait déclaré à l’AFP Jean-Marie Bernard, en février 2020.

“Si on veut s’en sortir et maintenir possible la cohabitation (du pastoralisme et du loup), ce n’est pas par ces actes que l’on va y arriver”

Selon la défense, M. Bernard “n’est ni de près ni de loin un braconnier”. Il aurait trouvé cette queue sur sa boîte aux lettres quelques semaines avant la cérémonie et serait “incapable de dire si cette queue est une queue de loup”.

Pour les associations, pas de doute : “c’est une queue de loup qui vient d’un animal qui n’a pas été légalement prélevé”, assure Mathieu Victoria, l’avocat de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) qui a déposé plainte, analyse génétique à l’appui. “L’acte politique ne constitue pas une exception à la responsabilité pénale. Il y a d’autres façons de lancer le débat”.

“Si on veut s’en sortir et maintenir possible la cohabitation (du pastoralisme et du loup), ce n’est pas par ces actes que l’on va y arriver”, regrette Hervé Gasdon, président de la Société alpine de protection de la nature FNE-05, qui avait également porté plainte.

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