28 juillet 2021

Télévision : les Landes et « Intervilles », toute une histoire… de vachettes !

C’est un monument qui s’est éteint ce mardi 14 juillet 2020, sur les terres de Buglose, à Saint-Vincent-de-Paul, où elle était arrivée en 2002. Rentrée dans sa vingtième année de vie, Rosa est morte e… Lire l’article original

Par Marjorie Michel et Cathy Lafon

VIDÉOS – Il y a un an, le 14 juillet 2020, mourait Rosa, la légendaire vache d’Intervilles à Buglose (Landes). C’est l’occasion de revivre les grands moments qui lient à jamais les Landes au jeu télévisé culte qui pourrait revenir un jour sur France 2… sans les vachettes.

C’est un monument qui s’est éteint ce mardi 14 juillet 2020, sur les terres de Buglose, à Saint-Vincent-de-Paul, où elle était arrivée en 2002. Rentrée dans sa vingtième année de vie, Rosa est morte et tous les fans d’Intervilles sont en deuil.

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Pour Intervilles et les vachettes, tout commence en 1962, bien avant la naissance de Rosa…

Retrouvez toutes nos archives sur les premiers jeux Intervilles en 1962 dans notre moteur de recherche

En 1962, Dax entre dans l’histoire du jeu

La victoire de Dax fait la une de « Sud Ouest », le 28 septembre 1962.
La victoire de Dax fait la une de « Sud Ouest », le 28 septembre 1962.

Archives Sud Ouest

En 1962, les téléspectateurs apprennent que la 49e édition du Tour de France ne sera pas diffusée à la télévision en raison d’un désaccord entre la presse régionale et la télévision sur la question de la publicité clandestine, non désirée par le gouvernement. En effet, les équipes cyclistes sont sponsorisées pour la première fois depuis la retransmission télévisée du Tour par des marques. Pour faire face au mécontentement des téléspectateurs et pallier cette absence de diffusion, Guy Lux présentateur du Palmarès des chansons, propose d’adapter le divertissement italien Campanile sera. Emmanuel Robert et Pierre Brive achètent les droits pour la RTF

L’idée d’un jeu populaire retransmis à la télévision, au cours duquel deux villes s’affrontent amicalement, à travers une série d’épreuves sportives ou d’adresse, et notamment avec des vachettes, est née.

La première diffusion a lieu le 18 juillet 1962, un jeudi soir – autrefois le jour des enfants – et oppose Dax à Saint-Amand-les-Eaux (Nord-Pas-de-Calais).

Le 27 septembre 1962, Dax dispute sa première finale toujours contre Saint-Amand-les-Eaux. Guy Lux est à Dax, Léon Zitrone à Saint-Amand. La finale, dont la durée prévue était d’une heure ou une heure et demie, dure près de deux heures et demie à cause de nombreuses discussions et réclamations. Et c’est Dax qui gagne.

Sur notre site : « Intervilles » : Le bras de fer dont tout le monde a parlé

Simone Garnier, Guy Lux et Léon Zitrone, animateurs vedettes

Les animateurs de télé Guy Lux (D), Léon Zitrone et Simone Garnier, lors des Olympiades d’Intervilles le 27 juin 1987 à Paris.
Les animateurs de télé Guy Lux (D), Léon Zitrone et Simone Garnier, lors des Olympiades d’Intervilles le 27 juin 1987 à Paris.

Archives AFP / GEORGES BENDRIHEM

Simone Garnier, Guy Lux et Léon Zitrone en sont les présentateurs vedettes et forment un trio haut en couleur, chacun des animateurs défendant avec force et conviction une des deux villes en lice pendant que Simone comptabilise les points et calme les ardeurs de ses fougueux camarades.

Entrée dans l’histoire du jeu, en remportant le premier titre, la ville de Dax récidive en 1971 et 2008. Plusieurs anecdotes croustillantes ont marqué à jamais les mémoires. La première concerne Saint-Amand qui refuse de porter le maillot rouge, suggéré par les Dacquois, prétextant que la couleur excite les vachettes. Beau joueur, le capitaine landais accepte : « D’accord, prenez le blanc, on garde le rouge », sachant pertinemment que ce sont les couleurs les plus claires qui énervent les vaches…

Le paquet de cacahuètes

Le 22 septembre 1971, c’est le drame : Dax affronte Carcassonne à domicile, quand un projectile atteint les lunettes de Léon Zitrone, lequel se met à hurler :

Guy Lux, Guy Lux, je n’y vois plus rien, je suis perdu !

Il s’agissait, en fait, d’un paquet de cacahuètes lancé des tribunes… Martine Ebadia, qui avait 15 ans à l’époque, en garde un souvenir prégnant, puisqu’elle fut accusée à tort d’être l’auteur du fâcheux incident, comme le rappellera « Sud Ouest » le 29 juin 2013.

Mais qui a lancé les cacahuètes sur Léon Zitrone le 22 septembre 1971 à Dax ?
Mais qui a lancé les cacahuètes sur Léon Zitrone le 22 septembre 1971 à Dax ?

Archives Sud Ouest

La cité landaise de Mont-de-Marsan fut elle aussi titrée à trois reprises. Mais au-delà des victoires, ce sont les envolées lyriques de son ancien maire Philippe Labeyrie (1938-2012) qui amusent encore…

Le maire de Mont de Marsan, Philippe Labeyrie, lors d’un « Intervilles » le 20 août 2007 à Tarbes.
Le maire de Mont de Marsan, Philippe Labeyrie, lors d’un « Intervilles » le 20 août 2007 à Tarbes.

Archives Sud Ouest / Pascal Bats

Comme ce fameux jour du 5 septembre 1997, lorsqu’il déclara en direct sur TF1, lors de la finale d’Intervilles à Disneyland- Paris opposant le chef-lieu des Landes au Puy-du-Fou :

Nous ne sommes pas venus ici en culottes de chou nous faire brouter le cul par des lapins.

8 millions de téléspectateurs en 1985

25 juillet 1985.
25 juillet 1985.

Archives Sud Ouest

Après douze ans d’absence, Intervilles revient sur FR3 à l’été 1985 avec toujours Guy Lux aux commandes de l’émission. Trois émissions sont diffusées les 10 juillet 1985, 17 juillet 1985 et 24 juillet 1985 pour tester l’accueil des jeunes générations. L’occasion pour Sud Ouest de consacrer sa dernière page le 24 juillet au grand retour des vieux complices Guy Lux et Léon Zitrone, dans les arènes de Dax et Bayonne, pour un derby local qui s’annonce chaud bouillant, vingt-trois ans après une rencontre quasi historique qui avait marqué les débuts d’Intervilles. Un retour aux sources qui fait la une du quotidien régional.

Et c’est un vrai succès : 8 millions de téléspectateurs sont au rendez-vous !

» Retrouvez toutes nos archives sur Intervilles en 1985 dans notre moteur de recherche

À partir du 4 juillet 1986, l’émission est déplacée sur TF1, tous les vendredis soir, pour une série de sept émissions. Cette nouvelle formule sera diffusée jusqu’en 1991. En juillet 1995, après quatre ans d’absence, Intervilles revient sur TF1 avec aux commandes Jean-Pierre Foucault, Fabrice, Nathalie Simon et Olivier Chiabodo.

À partir du 4 juillet 1986, l’émission est déplacée sur TF1, tous les vendredis soir, pour une série de sept émissions. Cette nouvelle formule sera diffusée jusqu’en 1991. En juillet 1995, après quatre ans d’absence, Intervilles revient sur TF1 avec aux commandes Jean-Pierre Foucault, Fabrice, Nathalie Simon et Olivier Chiabodo.

L’érosion de la diffusion

En 1997, la diffusion commence toutefois à s’éroder. La chaîne décide de la maintenir à l’antenne en 1998 avec une toute nouvelle équipe : Julien Courbet remplace Thierry Roland occupé par la Coupe du monde de football, Delphine Anaïs, Nathalie Simon, absente pour cause de maternité, Laurent Mariotte, Olivier Chiabodo et Robert Wurtz devient l’arbitre officiel en remplacement de Chiabodo. Seul Jean-Pierre Foucault rempile. La première émission a lieu à Arras qui reçoit Saint-Quentin et la finale oppose Mont-de-Marsan à Dax dans ses arènes. Mais l’audience continue de baisser et devient insuffisante pour TF1 qui décide de ne pas reconduire l’émission l’été suivant.

Retour avec Nagui, en 2004

En 2004, France 2 décide de remettre à l’antenne ce jeu estival mais dans un format inédit développé par Mistral production : en quotidienne et en access prime time. De plus l’émission est enregistrée à Europa-Park en Allemagne sur le site de l’émission allemande. Arbitrée par Robert Wurtz qui avait déjà officié en 1998, cette nouvelle mouture est présentée par Nagui dont c’est le grand retour sur le service public, et Juliette Arnaud l’ex-fiancée de Michaël Youn. Des pom-pom girls répondant au nom de « Simones » font leur apparition. Après six saisons au succès inégal, l’émission fait une pause entre 2010 et 2012.

Le slip de Gabriel Bellocq

L’une des dernières versions d’Intervilles, un remake de la finale de 1962 entre Dax et Saint-Amand-les-Eaux, est enregistrée le 29 juin 2013, pour fêter ses 50 ans. Elle donne lieu à cette occasion à la dernière facétie en date restée dans les mémoires : la production a piégé, en caméra cachée, le maire de Dax de l’époque, Gabriel Bellocq.

On y voit un comédien qui se fait passer pour un membre de l’équipe d’ « Intervilles » proposer au premier édile, qui garde tout son flegme, « de sortir d’un gâteau d’anniversaire en slip » afin de « faire un show à l’américaine ».

On ne va pas mettre le maire en slip à la télé. Il a une image à tenir, tout de même. On ne met pas en scène un élu dans une tenue ridicule,

s’agace, un instant, son chef de cabinet de l’époque, Florian Guillon.

Remake perdu par les Dacquois

> Sur notre site : Intervilles 2013 : Dax battu au mur des champions

Intervilles à Dax a réuni jusqu’à 4,3 millions de téléspectateurs

Le remake de la finale de 1962 entre les deux cités thermales, la sudiste et la nordiste, est perdu par les Dacquois. Menant pourtant au score 18 à 13 face à leurs concurrents habillés en jaune, ils ont été rattrapés au mur des champions par des Amandinois forts en biceps quand les Landais ont montré tout leur savoir-faire dans les jeux face aux vachettes. Déçu de la défaite mais ravi de la « belle soirée », le capitaine dacquois Nicolas Vergonzeanne retiendra surtout « la superbe entente et la cohésion » de son équipe qui a aussi sympathisé avec ses rivaux nordistes. La fête commune a fini vers 6 heures ce matin…

Intervilles, le retour ?

Sur notre site : Landes : « Intervilles » sans vachette, les villes disent « niet »

Près de 60 ans après son lancement, l’émission culte pourrait revenir sur France 2. Covid-19 oblige, ce ne sera pas en 2020, comme l’indiquait le tweet de Nagui le 18 décembre 2019. L’annonce de ce retour a fait beaucoup d’heureux sur les réseaux sociaux. Il semblerait toutefois que les vachettes ne soient plus de la partie, son producteur ne cachant pas son engagement pour la défense de la cause animal. Ce qui avait fait monter la polémique…

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