11 avril 2021

Queue de loup offerte à la préfète des Landes : le président des Hautes-Alpes condamné

Le président (LR) du Conseil département des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, a été condamné vendredi à 10 000 euros d’amende, dont 5 000 avec sursis, pour avoir offert une queue de loup, un … Lire l’article original

L’élu, qui a été condamné à 10 000 euros d’amende, dont 5 000 avec sursis, avait offert cet appendice lors de la cérémonie de départ de Cécile Bigot-Dekeyzer, actuelle préfète des landes, alors en poste à Gap.

Le président (LR) du Conseil département des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, a été condamné vendredi à 10 000 euros d’amende, dont 5 000 avec sursis, pour avoir offert une queue de loup, un animal protégé, à l’ancienne préfète du département, Cécile Bigot-Dekeyzer.

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Cécile Bigot-Dekeyzer avait reçu ce cadeau encombrant…

Crédit photo : Bop Guy

Le président des Hautes-Alpes avait remis le 21 février 2020 cet appendice de l’animal à la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer lors de sa cérémonie de départ et avait alors revendiqué un « acte politique » pour soutenir les éleveurs. Actuellement en poste dans les Landes, la préfète avait été citée à comparaître lors du procès en février dernier. Elle avait répondu à la juridiction par écrit, signant notamment que « ce cadeau (l’avait) gênée, compte tenu du statut d’espèce protégée du loup ».

« Pression médiatique »

« Cette condamnation pénale, c’était le plus important », a réagi auprès de l’AFP à la sortie de l’audience Catherine Bouteron, la référente loup à la SAPN, l’une des associations plaignantes, se disant « très contente » de la décision du tribunal. La condamnation par le tribunal correctionnel de Gap est « décevante » et « symbolique », a estimé vendredi Philippe Neveu, avocat de l’élu, qui regrette « la pression médiatique, environnementale et émotionnelle, très forte dans ce dossier. »

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« Je trouve un peu abusif de me retrouver condamné pour des faits que je n’ai pas commis », a dit à l’AFP Jean-Marie Bernard, qui estime que son geste était une « boutade à vocation politique. Ce qui m’intéresse, c’est de faire avancer les solutions pour améliorer le sort des éleveurs par rapport à la prédation du loup. »

« Un acte de braconnage »

Le parquet de Gap avait requis lors de l’audience, le 15 février, deux mois de prison avec sursis pour détention, transport et cession d’une partie d’espèce protégée, un délit passible de trois ans de prison et 150 000 euros d’amende.

L’avocat de l’élu, qui n’a pas encore pris sa décision sur un appel éventuel, regrette que son client ne soit pas parvenu à faire reconnaître « le caractère politique de sa démarche » . « Le caractère politique de sa démarche aurait dû être une cause exonératoire de sa responsabilité », estime M. Neveu. « De notre point de vue c’est un petit peu incompréhensible ».

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Les associations plaignantes, parties civiles, bénéficient chacune d’un dédommagement de 600 euros, plus 500 de frais de justice. « C’est un acte de braconnage », explique Catherine Bouteron, de la Société alpine de protection de la nature, « un élu doit se montrer exemplaire de ce point de vue là, c’est ce qui comptait pour nous. »

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