11 avril 2021

Procès du meurtre du feu rouge à Pau : l’accusé va plaider la légitime défense

Ce jeudi, c’est le temps des plaidoiries et des réquisitions. L’avocate de Frédérique de Chérancé a annoncé qu’elle allait plaider la légitime défense. Verdict ce jeudi soir. Lire l’article original

Le verdict est attendu ce jeudi soir dans le procès du meurtre du feu rouge à Pau devant la cour d’assises des Pyrénées Atlantiques. Frédéric De Chérancé, 62 ans, répond du meurtre de Baptiste Sallefranque, un Dacquois de 29 ans, au terme d’une banale altercation entre automobilistes à un feu rouge, le 25 août 2016.  Le Landais est mort d’un coup de couteau en plein cœur. Ce mercredi la cour est revenue, dans le détail, sur les faits ; sur cette scène entre ces deux hommes. Elle a entendu les témoins neutres de ce coup de couteau : ceux qui étaient là par hasard et qui ne connaissaient aucun des deux automobilistes.

Personne n’a vu de poing levé

Parmi ces sept témoins, il y a un piéton, un riverain qui était à sa fenêtre et les cinq occupants des trois voitures voisines de celle du meurtrier présumé et de sa victime. Aucun ne décrit ce que raconte De Chérancé. Personne ne voit Baptiste Sallefranque lever le poing en avançant. La cour va diffuser à tous ces témoins capitaux, les images de la reconstitution, quand l’accusé joue la scène avec un policier de la PJ, telle que De Chérancé le raconte : il tend ses deux bras vers l’avant quand Baptiste va le frapper, et la lame s’enfonce. Ça, personne ne l’a vu parmi ces sept témoins. Certains disent qu’il n’ont pas pu voir parce que ça allait trop vite, mais d’autres disent voir deux hommes se faire face, et Baptiste qui recule en se tenant la poitrine. C’est dans ces quelques instants que se joue toute cette affaire et le verdict qui va tomber ce jeudi soir. La fuite de De Chérancé, sa cavale, la protection de ses proches, sont accessoires finalement.

“Je me suis dit, il va me mettre en pièce”

Frédéric de Chérancé a répondu aux questions de la cour une dernière fois ce jeudi. Et encore une fois il a expliqué qu’il était mû par la peur ce soir là. “Il est en furie, il a des yeux qui font très peur, il est en état de démence. Il va me mettre en pièce”. Il explique qu’il a essayé de redémarrer, mais que dans la panique, il s’est cru au volant de sa voiture à vitesses manuelles, alors qu’il était au volant de sa C5 automatique. Il a cafouillé. A la demande de son avocate Me Alexandrine Barnaba, il a alors montré par le geste, sur une chaise posée devant les jurés, comment il s’est embrouillé dans les commandes de sa voiture. Puis il est sorti de la voiture avec cet arme, pour faire peur à celui qu’il appelle son agresseur. Mais il dit qu’il n’a pas eu le temps de lui montrer ce poignard de 30 centimètres de long. C’est ce stress extrême aussi qui l’a poussé a fuir le soir même. Apres avoir nettoyé et caché l’arme dans un bosquet. “un geste de déni, dû au stress” avant d’ajouter qu’il a pour habitude “de prendre soin de ses outils”. La présidente lui fait remarquer que depuis qu’il a tué Baptiste Sallefranque avec, ce n’est plus un outil.

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