27 septembre 2021

Premier baromètre des villes “marchables” : Mont-de-Marsan à la traine

Selon le premier baromètre des villes “marchables” réalisé par la Fédération française de randonnée et dévoilé mardi 7 septembre 2021, Mont-de-Marsan se classe en queue de classement des villes où il fait bon marcher. Lire l’article original

Avec une note de 7,40 sur 20, le constat est sans appel. Arrivant 189ème sur 200 villes recensées, il ne fait pas bon être piéton à Mont-de-Marsan. La Fédération française de la randonnée a rendu public mardi 07 septembre son baromètre des 200 villes les plus “marchables” de France. En tout, ce sont 68 510 Français qui ont participé à cette consultation publique, permettant d’évaluer la “marchabilité” de 200 villes. La consultation s’inspirait de celles déjà réalisées pour les villes cyclables. Elle s’est déroulée au cours de l’hiver dernier, et a recueilli 43 267 réponses exploitables. Le questionnaire comportait une quarantaine de questions.

L’objectif était surtout de mesurer le « ressenti » des marcheurs et d’ensuite classer les villes en sept catégories (de A à G, autrement dit d’excellent à très défavorable). Mont-de-Marsan a obtenu un F, soit une note “défavorable”.

Mais qu’est-ce-que la “marchabilité” ? Pour Denis Cheminade,  chargé de mission “marche en ville” à la Fédération Française de la Randonnée, il s’agit d’un “ressenti du piéton par rapport à sa sécurité, à son confort lorsqu’il circule à pied, à l’aménagement et l’intérêt que la ville porte par rapport à la marche“. 

“Plus de place pour le piéton aujourd’hui qu’il y a 15 ans”

Du côté de la Mairie de Mont-de-Marsan, on prend acte de ce classement. “Une ville se construit sur la durée, on hérite d’un passé“, souligne Vincent Loustaunau, directeur de la communication de la Mairie. “De nombreux travaux d’aménagements d’espaces publics ne font que commencer. Mais quand on regarde la place de la mairie, c’est un espace aujourd’hui bien aéré. Il faut voir aussi Rozanoff […]. Dans toutes les nouvelles infrastructures, on pense aux mobilités douces, on pense à la place du piéton“, souligne le directeur de la communication, avant de poursuivre “des efforts sont à faire, sont à continuer mais on n’a pas attendu ce classement pour les mettre en œuvre“. Vincent Loustaunau appuie : “Il y a tout de même plus de place pour le piéton aujourd’hui qu’il y a 15 ans“.

Hervé Dupont, porte-parole de l’association “60 millions de piétons” qui a co-rédigé l’enquête, relativise cependant le classement dégagé par ce baromètre : “Ce qui est important, ce n’est pas forcément le classement […]. Car le constat est assez sévère globalement. L’important c’est que ça interpelle les élus, les collectivités locales pour qu’ils s’emparent de ça pour faire mieux, on peut s’améliorer“. La volonté est donc de “ne pas pointer du doigt telle ou telle commune mais d’interpeller“, tempère Hervé Dupont.

Un baromètre à relativiser

A noter que seules les villes avec plus de 40 répondants figurent dans le classement. Le sondage est donc à relativiser, d’autant plus que les répondants sont pour la plupart des pratiquants réguliers de la marche, et qu’un quart sont engagés dans une associations de marche ou de défense des piétons. 

Mais ce baromètre dégage aussi des grandes tendances dans ce qui est attendus par les piétons. Au niveau national, les répondants placent en tête de liste de leur priorité le fait de disposer de trottoirs « plus larges, bien entretenus, sécurisés et désencombrés » (41 %), « réserver l’usage des trottoirs aux déplacements à pied » (30 %) et « verbaliser davantage le stationnement sur les passages piétons et trottoirs » (28 %).

En Nouvelle-Aquitaine, neuf villes figurent dans ce baromètre. Gradignan, en Gironde, fait partie des villes les plus adaptées aux besoins des piétons, selon cette enquête

Ce baromètre vise surtout à mettre un “coup de projecteur sur la marche à pied” qui représente 24 % des modes de transports. “On en parle pas du tout, note Denis Cheminade, alors qu’on a beaucoup parlé des mobilités actives ces dernières années. Mais ça se limite au vélo et à la trottinette. Or, tout trajet débute et se termine par de la marche”.

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