16 septembre 2021

Obligation vaccinale des soignants en Nouvelle-Aquitaine : “Il y aura des contrôles et des sanctions”

Alors que ce mercredi, l’obligation vaccinale entre en vigueur pour les soignants, 95% des professionnels libéraux et 90% en Ehpad ont reçu au moins une dose en Nouvelle-Aquitaine, selon l’Agence régionale de santé. “On va contrôler vite, fort et de manière exhaustive” précise le directeur de l’ARS. Lire l’article original

“Nous ne sommes pas particulièrement inquiets.” Benoît Elleboode, le directeur de l’ARS de Nouvelle-Aquitaine estime ce lundi que l’obligation vaccinale devrait être bien respectée dans la région. “On est bien vaccinés”, 95% des professionnels libéraux (1% de plus que la moyenne nationale) ont reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid, ils sont 90% chez le personnel des Ehpad. Deux chiffres qui peuvent être sous-estimés, précise Benoît Elleboode lors d’une conférence de presse. “Sur les établissements de santé, on n’a pas de chiffre, mais on estime que l’adhésion à la vaccination dans les établissements de santé est entre 90 et 95% de personnes vaccinées au moins une dose.” Fin août-début septembre, 170 médecins généralistes libéraux n’avaient pas justifié de vaccination auprès de l’assurance maladie sur plus de 6.500. Pour les spécialistes, 123 sur plus de 5.000. 

Outre les chiffres, plusieurs éléments rassurent l’ARS : l’obligation est pérenne, elle ne s’arrêtera pas à  la fin de l’application du pass sanitaire. “La seule manière d’y échapper, c’est d’arrêter son exercice”, précise Benoît Elleboode. Et puis plus généralement, “le système ne s’effondrera pas”, estime-t-il, soulignant que les seuls endroits où des problèmes sont anticipés, ce sont dans les Ehpad ou les petits établissements. 

Contrôler “vite, fort et exhaustif”

Autre argument massue : les contrôles. Au 15 septembre, tout salarié d’un établissement de santé devra avoir présenté à son employeur si ce n’est une preuve de vaccination complète, au moins la preuve d’avoir reçu une injection et un test PCR négatif de moins de 72h. 

Pour les autres, notamment les professionnels libéraux, “on va contrôler vite, fort et de manière exhaustive”. “J’ai décidé d’être sans tolérance” reprend Benoît Elleboode : “arrêt immédiat d’activité, saisie de la chambre disciplinaire de l’ordre, saisie de l’assurance maladie, saisie du procureur de la République.” Les contrôles surprises seront réalisés par deux, par des agents de l’ARS habilités à inspecter, directement au cabinet. Environ 200 personnes pourraient commencer ces démarches assez rapidement après le 16 septembre.

Le directeur-coordonateur des caisses nationales d’assurance maladie au niveau régional précise lui qu’à partir du moment où la CNAM sera informée par l’ARS d’une interdiction d’exercer, “nous arriverons probablement début 2022 au non-remboursement des soins prescrits par ce médecin ou exercés par ce professionnel de santé.”

Le cas spécifique des médecins anti-vaccins

Benoît Elleboode s’emporte : “Quand on n’est pas d’accord, dans le monde médical, on fait de la recherche ! L’outil de contestation, c’est la recherche !” Le docteur Florence Granieri, vice-présidente régionale de l’ordre des médecins, estime qu’un médecin qui prônerait l’anti-vaccination peut passer par la chambre disciplinaire car il contrevient à au moins quatre articles du code de déontologie. “Nous en avons repéré quelques uns qui sont en activité”, précise cette praticienne qui exerce dans le Lot-et-Garonne.

“On va tourner autour de 1-1,5% de médecins anti-vax” estime le représentant de la section des médecins généralistes de l’URPS, Dr Jean-Luc Delabant. “Nous on n’est pas inquiets du 1% qui sera interdit d’exercer. On l’est plus de ceux qui n’auront pas le droit à une troisième dose.”

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