23 juin 2021

Nabil Hader, la jeunesse comme atout aux départementales à Mont-de-Marsan

La campagne pour les élections départementales du 20 juin prochain vit ses derniers moments. Dans les Landes, sur le premier canton de Mont-de-Marsan, un des binômes est incarné par Nabil Hedar et Laure Cadinot. Du haut de ses 19 ans il veut incarner une alternative aux autres candidats de gauche. Lire l’article original

Des dizaines de barres d’immeubles plantent le décor. Quelques habitants du quartier Hélène Boucher se réfugient à l’ombre avec la chaleur écrasante d’un milieu d’après-midi. Nabil Hedar est candidat aux départementales. Il connait bien le terrain puisque sa colistière, Laure Cadinot, habite ici depuis plus de 15 ans. Aucun regard ne lui échappe, l’ancienne militaire de la base aérienne est médiatrice dans le quartier.

Il s’élance, tracts à la main. « Bonjour madame, je suis candidat aux éléctions avec Laure Cadinot qui habite ici », lance-t-il à une mère de famille avec ses deux enfants en bas âge. Réponse immédiate : « C’est courageux à votre âge », s’exclame-t-elle. Le candidat vient tout juste de souffler ses 19 bougies en mai dernier.

« C’est courageux à votre âge », une habitante du quartier à Nabil Hader.

Il veut voir sa jeunesse comme un atout face aux autres candidatures. « Je me sens capable aujourd’hui de représenter des gens à la collectivité locale, répond-il sur la question de son âge. _Cela fait depuis le lycée que je milite_, il n’y a pas besoin d’un CV pour être élu, il y a seulement besoin de motivation et de convictions politiques. »

Les deux candidats discutent à l’ombre avec un des habitants du quartier.
Les deux candidats discutent à l’ombre avec un des habitants du quartier. © Radio FranceMatthieu Bonhoure

Au milieu des pelouses, il semble difficile de trouver des opposants à Nabil Hedar. Personne n’oppose de réticences, une femme le salue depuis sa fenêtre. « Allez voter le 20 juin ! », assène-t-il.

Les jeunes et l’ennui

Aux bordures de la base aérienne, une petite femme se tient devant sa porte. Avec le soleil elle plisse les yeux, c’est Fatima. Elle accueille le jeune candidat avec un grand sourire et lui propose un verre d’eau. « Je suis pour les jeunes » lance-t-elle quand on lui demande pour qui elle va voter. 

« Je suis à Hélène Boucher depuis 1987, dans le même appartement, raconte-t-elle en pointant l’un des logements au rez-de-chaussée. Ce n’est plus comme avant, là _les jeunes n’ont rien pour jouer_, rien, ça m’énerve. » Nabil Hedar discute avec elle, la remercie puis il s’éloigne. 

Nabil Hedar, tracts à la main, arpente les passages du quartier Hélène Boucher.
Nabil Hedar, tracts à la main, arpente les passages du quartier Hélène Boucher. © Radio FranceMatthieu Bonhoure

Il passe devant une ancienne zone commerciale laissée à l’abandon. Des bris de verres et d’autres déchets jonchent le sol de ces locaux commerciaux.  Derrière des jeunes tuent le temps sur l’herbe. Ils discutent entre eux, parmi eux un grand gaillard avec un large sourire salue le candidat. C’est Anderson, du haut de ses 23 ans il est père. C’est une évidence « que ce soit une personne jeune qui s’occupe des jeunes. », explique-t-il

Le défi de l’abstention

À propos de l’ennui il répond par l’affirmative. « Les jeunes que je vois ici à longueur de journée ne font rien. Mis à part des bancs et un terrain de pétanque vieux comme le monde, il n’y a rien », raconte-t-il. Anderson espère qu’avoir un jeune au conseil départemental sera l’occasion d’être plus écouté.

La difficulté de ce terrain pour Nabil Hader c’est la mobilisation aux urnes. La plupart des personnes croisées semblent proches de lui et parle souvent de son âge pour expliquer leur vote. Dans ce quartier, le candidat aux départementales a un argument de poids, Laure Cadinot, très implantée dans la vie locale. Le premier tour est dans quelques jours, le candidat repart pour aller coller des affiches.

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