1 mars 2021

Mort de Jean-Pierre Bastiat à Dax : “Il était la bonhomie incarnée”

Plusieurs personnalités dacquoises rendent hommage à l’ancien rugbyman, décédé dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 février. Très proche de son ami d’enfance Jean-Pierre Bastiat, décédé dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 février, l’ancien rugbyman Jean-Louis Bérot (73 ans) a évoqué la personnalité attachante de… Lire l’article original

Très proche de son ami d’enfance Jean-Pierre Bastiat, décédé dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 février, l’ancien rugbyman Jean-Louis Bérot (73 ans) a évoqué la personnalité attachante de l’ancien troisième ligne.

>>> Mort de Jean-Pierre Bastiat à Dax : en images, retour sur la carrière de l’ex-international de rugby

Jean-Louis Bérot : “Il ne laissait personne indifférent”

« Il était fils unique comme moi et nous nous étions choisis comme frère, raconte l’ancien international (21 sélections). Dès notre plus jeune âge, on jouait ensemble au rugby sur la place Saint-Pierre, à faire du gagne terrain. Même si je suis parti à Toulouse à 17 ans pour mes études, je revenais très souvent à Dax et on ne s’est jamais quitté. C’était un joueur d’exception, qui a remporté le Grand Chelem 1977, formant une troisième ligne de légende avec Jean-Pierre Rives et Jean-Claude Skrela. »

“Jean-Pierre était un fédérateur, l’épicentre de différents cercles d’amitiés. Tout le monde se réunissait grâce à lui et ça, on ne le retrouvera pas”

Outre leurs années communes en équipe de France, les deux amis ont aussi évolué ensemble sur la fin de leur carrière à l’US Dax. « On sait tous que c’était un joueur extrêmement doué, doté d’une dextérité remarquable et d’une adresse phénoménale. Ce qu’on sait moins, c’est qu’il possédait un très bon jeu au pied. Il était capable de passer des pénalités de 50 à 55 mètres. »

Pas une semaine sans se voir ou s’appeler, les deux amis avaient créé des liens indéfectibles. « Georges Clemenceau disait : “Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés” mais Jean-Pierre était un fédérateur, l’épicentre de différents cercles d’amitiés (rugby, chasse, golf, assurance, etc). Tout le monde se réunissait grâce à lui et ça, on ne le retrouvera pas. Il ne laissait personne indifférent et était la bonhomie incarnée. Il savait donner le sourire à quelqu’un qui n’avait pas envie de rigoler. »

Bertrand Defos du Rau : “Il nous a fait vivre une aventure extraordinaire”

Ancien bâtonnier de Dax, Me Bertrand Defos du Rau avait mené campagne aux côtés de Jean-Pierre Bastiat, en tête de la liste “Dax pour tous” lors des élections municipales de mars 2014.

“Jean-Pierre nous a fait vivre une aventure extraordinaire . Avec sa capacité à fédérer autour de lui pour ne proposer qu’une liste, il a réussi quelque chose que personne n’avait jusqu’alors réussi au niveau de la politique locale. 

Il avait l’amour de sa ville chevillée au corps. C’est la raison qui l’avait poussé à s’investir pour ces élections municipales. Il ne recherchait ni titre, ni fonction, il a  réussi à constituer une équipe pour participer à un projet. Toujours optimiste, positif, il ne cherchait jamais à imposer son point de vue. En cas de désaccord, Jean-Pierre préférait s’effacer, se mettre en retrait, pour que les choses avancent et qu’on parvienne à se mettre d’accord.  Avec sa capacité d’écoute, son empathie permanente, sa générosité qui – parfois – lui a joué des tours, il laisse un grand vide. Il y avait une grande contradiction entre son physique, sa présence et la douceur dont il faisait preuve.” 

Benoît August : “Il avait le cœur rouge et blanc”

Le président de l’US Dax rugby, Benoît August, connaissait aussi très bien Jean-Pierre Bastiat, ancien président du club (1990–1995) et toujours membre du conseil d’administration.

“Il est de la génération de mon père et on se côtoyait souvent, j’ai grandi avec ses enfants et j’ai une grande pensée pour sa famille. Durant ma carrière, on avait toujours plaisir à se retrouver, à discuter. C’était un ancien qui n’était pas aigri vis-à-vis du rugby d’avant ou donneur de leçon mais toujours à analyser et chercher des solutions. C’était un bon vivant, l’homme d’un seul club, qui a le cœur rouge et blanc. Il était très impliqué et aidait encore récemment nos commerciaux à trouver des partenaires. Son décès nous a vraiment fait un choc, on n’est jamais préparé à ça.

Julien Dubois : “Je perds un très grand ami”

Le maire de Dax Julien Dubois a, de son côté, fait part de son émotion sur sa page Facebook. “Aujourd’hui les mots me manquent pour décrire l’émotion et la tristesse qui me submergent, a-t-il écrit. Ce départ prématuré m’accable comme il bouleversera de nombreux amateurs de rugby en général et en particulier des Dacquois, attachés à cette personnalité hors du commun. Les combats politiques que nous avons menés ensemble, toujours dans l’intérêt de notre Ville, qu’il chérissait tant, avaient fait croître notre complicité et son soutien a toujours été déterminant. Je perds un très grand ami qui me manquera.”

Pierre Albaladejo : “ça a été un monstre de joueur”

L’ancien ouvreur international Pierre Albaladejo (30 sélections) se souvient bien de Jean-Pierre Bastiat, qu’il a recruté à l’US Dax.

“On est tous peiné, pour l’individu et l’homme qu’il était”, explique l’ancien ouvreur international et consultant Pierre Albaladejo, à propos de “ce grand gaillard que j’ai recruté au basket quand il avait 17 ou 18 ans et qu’on a fait venir au rugby. Et il a encore grandi”. “Ça a été un monstre de joueur, attention, et partout où j’allais commenter dans les autres pays, on me demandait “et Bastiat, qu’est qu’il devient ?” Tout le monde le connaissait. C’est un joueur d’exception qui a fait partie de ces 15 phénomènes autour de Jean-Pierre Rives et du petit (Jacques) Fouroux qui avaient fait ce fameux Grand Chelem, sans encaisser un essai. Avec Jean-Pierre Rives et Jean-Claude Skrela, il a été l’un des socles du Grand Chelem 1977. C’était une troisième ligne monumentale. Ça a été le passage le plus élevé qu’a connu le rugby français.”

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