21 juin 2021

Mont-de-Marsan : La base aérienne 118 renforce sa présence

Pour la plupart des Montois, la base aérienne est un sanctuaire. Tout au plus connaît-on l’entrée du site, au bout de l’avenue du Colonel-Rozanoff. Ensuite, interdiction d’entrer. De la « BA », le gra… Lire l’article original

Créée en 1945 sur les ruines d’un camp allemand, la base aérienne 118 est devenue l’incontournable locomotive du paysage local. La réforme des armées ne devrait qu’accentuer le mouvement.

Pour la plupart des Montois, la base aérienne est un sanctuaire. Tout au plus connaît-on l’entrée du site, au bout de l’avenue du Colonel-Rozanoff. Ensuite, interdiction d’entrer. De la « BA », le grand public ne voit guère plus que les avions dans le ciel, du Rafale à l’Antonov, en passant par le Casa et les Mirages.

Pourtant, la base multiplie les ponts vers l’extérieur. Et pas seulement à l’occasion des Journées du patrimoine. La preuve, le colonel Christophe Oursel, qui commande la base aérienne devenue base de défense, nous a ouvert grand les portes du sanctuaire. Un badge d’identification équipé d’un masque de protection en cas d’incendie nucléaire, un bus, un chauffeur, l’aspirant Christelle Hingant à la communication pour nous guider dans cette véritable cité, vraie ville dans la ville : nous voilà partis à la découverte de la BA 118.

Mini-armée de l’air

Première impression : un univers en vert kaki, camouflage et terre, on se croirait plongé dans une bande dessinée ou un film de guerre. Deuxième impression : c’est immense ! Entre la zone vie (les bureaux administratifs et les logements), la zone marina (le contrôle) et la zone chasse (les unités opérationnelles), le site s’étend sur 615 hectares et compte pas moins de 514 bâtiments. Il faut quelque 15 kilomètres de clôtures pour l’encercler.

Agrandissement

La BA 118, construite sur les ruines du camp allemand abandonné par l’occupant en 1945, compte parmi les plus grandes bases du territoire national. « C’est une pièce maîtresse du dispositif de défense », soulignait en février dernier le colonel Oursel, lors de la visite du ministre d’Alain Juppé, alors à la Défense.

« La BA 118 est une mini-armée de l’air à elle toute seule. Elle concentre 13 % du budget infrastructure national pour 2011 », poursuit le colonel. Avec 31 unités opérationnelles (soit le double d’une base standard), Mont-de-Marsan représente un ensemble quasi exhaustif des missions de l’Armée de l’air : la dissuasion nucléaire, le combat, la défense aérienne, la protection, l’expérimentation et la formation, le transport. Ce qui lui vaut de réceptionner tout type d’avions. « Jusqu’aux Antonov qui atterrissent sur le tarmac landais pour charger les hélicoptères à destination du théâtre afghan », embraye le colonel Oursel.

Mieux, dans le ciel au-dessus de la BA 118, un périmètre de 40 kilomètres autour de la ville est interdit à la circulation civile. Il permet de mener en toute sérénité les missions de combat aérien, le ravitaillement en vol et la permanence opérationnelle, voire les différentes expérimentations (à commencer par le pilotage à distance et la mise au point des drones). « Sans compter la zone au-dessus de l’océan où l’on peut réaliser les vols supersoniques sans nuisances pour la population civile. » Sans oublier les deux seuls champs de tir situés sur le sol national et implantés à Biscarrosse et Captieux en Gironde.

3 700 à 3 800 employés

Malgré la révision générale des politiques publiques et la restructuration des moyens militaires s’accompagnant de coupes budgétaires massives, la base landaise est plus que jamais tournée vers l’avenir. D’importants travaux sont en cours pour accueillir cette réorganisation : « Nous avons en permanence entre quatre et dix chantiers et une trentaine d’entreprises sur site pour rénover l’existant et préparer les nouvelles infrastructures », commente le colonel Oursel.

Dans le cadre de cette extension, 450 et 500 personnels supplémentaires sont attendus d’ici à l’été 2012 à Mont-de-Marsan, pour un effectif de 3 700 à 3 800 employés. Du côté des machines, là encore, la montée en puissance va s’opérer progressivement mais significativement. Aujourd’hui 25 avions tutoient le tarmac landais. Ils seront 65 à se partager la piste dans quelques mois. (lire par ailleurs). La réorganisation de la base passera aussi par l’arrivée d’une section Système sol air moyenne portée terrestre, et son important matériel de tir et de soutien.

Fin de la bombe

La vaste restructuration s’accompagne également de suppressions d’unités. Notamment la fin de l’aventure nucléaire à Mont-de-Marsan, avec le départ de la bombe, sur site depuis la première prise d’alerte en 1964 et le démantèlement du dépôt atelier de munitions spéciales.

Le cœur de cible de la BA sera amené à évoluer même si la mission de dissuasion nucléaire perdurera au moins à travers le ravitaillement des avions en vol. Une page se tourne aussi pour l’escadron de transport Ventoux et ses Casa, rapatriés sur la base de Creil, dans l’Oise.

Avec cette nouvelle physionomie, plus que jamais offensive, la base aérienne de Mont-de-Marsan maintient son ancrage dans le paysage et l’économie de l’agglomération montoise.

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