7 mai 2021

Mont-de-Marsan : à l’Unicef, ils s’aident en aidant les autres

Au bout du téléphone, la voix est fluette mais assurée. À la fin du mois, Constance, 19 ans, terminera un service civique de sept mois au sein de l’antenne landaise de l’Unicef, basée à Mont-d… Lire l’article original

Perdus dans leur orientation ou bloqués par le Covid-19, Constance et Mourad ont suivi un service civique de sept mois à l’Unicef, à Mont-de-Marsan. Ils en ressortent grandis et plus au clair sur leur avenir

Au bout du téléphone, la voix est fluette mais assurée. À la fin du mois, Constance, 19 ans, terminera un service civique de sept mois au sein de l’antenne landaise de l’Unicef, basée à Mont-de-Marsan, et parle déjà avec joie de cette « très très bonne expérience ». Pour Mourad, 20 ans, « c’est un véritable tremplin et ça m’a permis de réfléchir à mon projet professionnel ».

Début 2020, les deux jeunes habitants de Mont-de-Marsan ont fait partie des nombreux candidats retenus par l’Unicef lors de sa campagne annuelle de recrutement pour des services civiques à travers le pays. Le groupe transite par Paris pour y suivre une formation de trois jours afin de pouvoir expliquer à autrui les missions de cette organisation consacrée à l’amélioration et à la promotion de la condition des enfants à travers le monde. Une formation de secouriste est également dispensée aux candidats.

« Une fois de retour dans leur zone, ils suivent un calendrier d’actions mis en place par l’Unicef. Entre l’année dernière et cette année, nous avons participé au lancement d’une grande consultation de la jeunesse avec un questionnaire destiné aux 6-18 ans concernant leur vie quotidienne. À l’arrivée, 28 000 questionnaires ont été remplis et comme il fallait renseigner son code postal, nous pourrons récupérer l’ensemble des données afin de mieux cibler nos actions », indique Martine Hilaire, présidente de l’antenne des Landes.

Une expo de sensibilisation

Quand elle a postulé, Constance était un peu perdue : « Je suivais un BTS diététique mais ça ne me plaisait pas. Alors en attendant de me réorienter, je me suis renseignée sur ce que je pouvais faire et j’ai entendu parler du service civique. On travaillait du lundi au jeudi et un jour par semaine, Claudine (Corderand, leur tutrice, NDLR) faisait un point avec nous sur nos recherches et pour savoir où on en était. »

Avec Mourad, ils ont fait des interventions dans les collèges et lycées du département pour aider au remplissage du questionnaire ou pour faire vivre l’exposition « Suivez Malika ». « Elle est composée de panneaux d’information sur quatre thèmes – la santé, l’éducation, la protection et l’eau – et d’une animation avec un casque de réalité virtuelle, qui permet de suivre le quotidien de Malika, une jeune Nigérienne qui doit aller chercher de l’eau à plusieurs kilomètres avant de pouvoir aller à l’école », détaille la présidente.

« Les jeunes, c’est sans langue de bois ! S’ils ne comprennent pas, ils le disent ! »

« Ça leur a permis de mieux se rendre compte des difficultés que connaissent certains enfants à travers le monde », glisse Constance. « Travailler à sensibiliser les jeunes et les enfants sur leurs droits et sur le fait qu’on doit tous être égaux m’a beaucoup plu », poursuit Mourad, qui travaillait à Bordeaux avant que le Covid ne le contraigne à revenir à Mont-de-Marsan.

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Confiance en soi

« Les jeunes des collèges et des lycées sont un public particulier et au début ce n’était pas évident de parler devant eux. Mais, au fur et à mesure, c’était mieux. Du coup ça donne aussi confiance en soi. Face à eux, il faut savoir être pédagogue et il est revenu plusieurs fois que j’avais un peu ce truc en moi, donc j’étais contente », confie Constance, qui va se lancer dans une formation d’assistante sociale en trois ans et qui a, à son tour, conseillé à une amie de se lancer dans l’aventure du service civique.

Pour Mourad, c’est une voie de technico-commercial, avec une année de préparation avant la licence qu’il va suivre dans la cité montoise. « J’ai vraiment gagné en aisance face à un public. D’autant plus que les jeunes, c’est sans langue de bois ! S’ils ne comprennent pas ou que c’est mal expliqué, ils le disent ! », s’amuse le jeune homme.

Comme souvent, le don de soi enrichit celui qui se met au service des autres. « Dans ce contexte compliqué avec le Covid, cette expérience leur a aussi permis d’aller à l’extérieur et de continuer de rencontrer des gens », affirme Martine Hilaire. « Ce côté humain était important, ça change du télétravail et du chacun dans son coin », conclut Mourad.

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