20 avril 2021

Meurtre au feu rouge à Pau : le procès démarre ce lundi 8 mars

Un unique coup qui a suffi à causer la mort de Baptiste Sallefranque et à faire basculer la vie de Frédéric de Chérancé. Ce dernier, aujourd’hui âgé de 62 ans, est jugé de ce lundi 8 mars au j… Lire l’article original

Frédéric de Chérancé est jugé par la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques du lundi 8 au jeudi 11 mars pour homicide volontaire. En août 2016, à Pau, il a porté un coup de couteau fatal à un jeune Dacquois

Un unique coup qui a suffi à causer la mort de Baptiste Sallefranque et à faire basculer la vie de Frédéric de Chérancé. Ce dernier, aujourd’hui âgé de 62 ans, est jugé de ce lundi 8 mars au jeudi 11 mars pour homicide volontaire par la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques.

La scène se joue en quelques secondes, le 25 août 2016, à Pau. Peu après 22 heures, deux véhicules s’arrêtent à la même hauteur, au feu rouge de l’avenue Jean-Mermoz. Au volant, Frédéric de Chérancé d’un côté, le Dacquois Baptiste Sallefranque de l’autre. Ils ne se connaissent pas, mais cela fait quelques instants que les deux automobilistes se suivent et chacun reproche à l’autre sa conduite.

Alors, Baptiste Sallefranque sort de sa voiture. Selon des témoins, il a tapé du plat de la main sur la voiture de l’accusé avant de s’avancer vers lui. C’est alors que Frédéric de Chérancé, qui est aussi descendu de son véhicule, lui porte un coup mortel au thorax avec un couteau de chasse.

Il dit avoir agi « par peur »

Le Landais, 29 ans, s’écroule devant sa famille restée dans la voiture. Réanimé sur place, il succombe à ses blessures peu après à l’hôpital de Pau.

Des témoins racontent que l’accusé, « très calme », est reparti « comme si de rien n’était ». Frédéric de Chérancé a été rapidement identifié mais n’a pas pu être interpellé. Et pour cause, il avait fui en Espagne (lire ci-dessous).

Le déroulé de la scène sera longuement réexaminé par la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques durant les quatre jours. Mais au-delà des faits, comment expliquer ce geste, parti d’une simple querelle d’automobilistes ? Les réponses sont certainement attendues par les parties civiles et leurs quatre avocats lors du procès. Un coup de colère ? S’il a donné plusieurs versions sur le déroulé exact de la scène, Frédéric de Chérancé a toujours dit qu’il avait été motivé par la peur.

« La peur est une composante majeure de ce dossier, abonde Me Alexandrine Barnaba, son avocate. Ce n’est pas une stratégie de défense mais une réalité. Mais qu’est-ce qui suscite cette peur ? C’est tout cela qu’on a occulté », explique son conseil, pour qui le procès va permettre de « garantir le contradictoire » et de se pencher sur « la série d’éléments » qui ont conduit à ce coup mortel.

« Ce geste le hante »

Me Barnaba devrait ainsi défendre l’idée que « la mort d’un homme n’est pas nécessairement la traduction d’un homicide volontaire ». D’ailleurs, indique-t-elle, « ce geste le hante jour et nuit. Il a conscience de la douleur de la famille et de ces vies brisées, y compris la sienne. »

Jusqu’aux faits, l’accusé était un homme plutôt sans histoire, inconnu de la justice. Son parcours scolaire, chaotique, ne l’a pas empêché d’avoir une vie professionnelle riche mais relativement instable. Il a débuté sa carrière dans la menuiserie avant de lancer plusieurs sociétés, liquidées.

Frédéric de Chérancé se présente devant la cour d’assises libre. Après cinq mois de détention provisoire, il est sorti de prison en février 2017 et a été placé sous contrôle judiciaire. Le verdict de l’affaire est attendu jeudi soir.

La fuite en Espagne

Après l’altercation mortelle, Frédéric de Chérancé a quitté les lieux du crime. Il ressort de la procédure que l’accusé est repassé chez lui avant de s’enfuir et passer la frontière pour se réfugier en Espagne. Sa fille, accompagnée d’un ami, l’y a brièvement rejoint pour lui apporter de l’argent.Après huit jours de cavale, l’homme, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, s’était finalement rendu au tunnel du Somport, à la frontière française.« Vu de l’extérieur, ça s’appelle une cavale, mais vu de l’intérieur, c’est soit une fuite en avant, soit de l’errance. J’y vois un acte de détresse, un acte irrationnel », défend l’avocate de l’accusé, Me Alexandrine Barnaba.

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