27 septembre 2021

Les boîtes de nuit rouvrent vendredi à Mont-de-Marsan : “On est heureux de recevoir à nouveau du monde”

Après 18 mois de fermeture, les boîtes de nuit rouvrent vendredi 3 septembre à Mont-de-Marsan. Elles ont la possibilité de le faire depuis début juillet, mais les gérants montois avaient préféré attendre. A l’approche de la réouverture, le gérant de trois discothèques nous confie sa joie. Interview. Lire l’article original

“Opening bamboche”, voilà le titre de l’affiche préparée par l’une des discothèques de Mont-de-Marsan, le Paradise, pour annoncer sa réouverture ce vendredi 3 septembre. Le Patio, Osasuna et le Joxabana, qui appartiennent toutes à Daniel Delhoste, s’apprêtent également à rouvrir en grande pompe, selon les mesures sanitaires en vigueur, c’est-à-dire pass sanitaire obligatoire et jauge à 75 % en intérieur (elle peut être de 100 % en extérieur). La réouverture des boîtes de nuit montoises étaient presque devenue une chimère. Elles ont la possibilité de rouvrir leurs portes au public depuis début juillet mais les gérants montois avaient renoncé, préférant attendre septembre. 

Ils l’expliquent par plusieurs facteurs : les discothèques étaient au départ les seuls établissements recevant du public sous l’obligation de demander le pass sanitaire, alors que les jeunes étaient encore très peu vaccinés, tandis que les aides étaient maintenues pendant l’été. Autre facteur : les boîtes sont traditionnellement fermées l’été à Mont-de-Marsan. Mais voilà, les gérants ont finalement arrêté leur choix sur le 3 septembre. Et à quelques jours de la réouverture, le patron du Patio, d’Osasuna et du Joxabana a accepté de nous confier son impatience de retrouver les clubbers. 

France Bleu Gascogne : Bonjour Daniel Delhoste, vos trois discothèques à Mont-de-Marsan rouvrent vendredi. Qu’est ce que ça fait de rouvrir après dix huit mois de fermeture ? 

Daniel Delhoste : Un grand bonheur, parce que ça commence à faire très, très, très long. On est très heureux de recevoir du monde, de revoir du monde et de ne plus rester à la maison à rien faire.  

FBG : Est-ce que vos équipes à sont au complet ? Ou est ce que certains employés sont partis comment on peut le voir dans la restauration ?

Daniel Delhoste : Non, on a eu très peu de pertes, deux en arrêt maladie, mais bon, ça, c’est normal. Après, j’ai embauché cinq personnes, mais ça, c’était prévu. On n’a perdu que deux employés exactement sur les trois établissements, qui ont préféré partir faire autre chose. Un pour devenir routier et une partie à la Chambre des métiers il me semble. 

FBG : Et est-ce que vous sentez vos salariés motivés à l’idée de rouvrir ?

Daniel Delhoste : Ah oui, que j’avais un peur au début, parce que l’oisiveté, ce n’est pas très bon, surtout 18 mois. Mais non, je sens de la joie. Ils reviennent pour faire un peu de nettoyage, tout relancer dans l’établissement et ils sont très heureux. Ils communiquent beaucoup sur les réseaux sociaux. Je pense que ça va bien se passer. Leur métier leur plaît encore beaucoup. 

FBG : Et il n’y a pas eu de réticence de la part de votre personnel par rapport au pass sanitaire obligatoire aujourd’hui pour eux ?

Daniel Delhoste : Non, non. Tout le monde s’est fait vacciner, certains en retard mais là on est tout bon. J’ai vu le pass de quasiment tout le monde. 

FBG : Et côté client, vous sentez l’envie, de l’attente ? 

Daniel Delhoste : Ah oui, il y a de l’attente ! C’est sûr, on a déjà un établissement qui est pratiquement plein samedi, le Joxabana, car il ouvre plus tôt et on a plus de réservation en début de soirée. Les autres, ça vient tout doucement. 

FBG : Ces clients qui ont déjà réservé, ce sont des habitués ? Y-a-t-il aussi de nouveaux clients ?

Daniel Delhoste : Oui, il y a des habitués, ça c’est sûr. Mais il va y avoir plein de nouveaux puisque la jeunesse, qui a maintenant 18 ans et demi voire 19 ans, n’a pas pu venir dans nos établissements. Et on les a fait saliver. Donc, je pense qu’on va avoir pas mal de nouveaux clients, des jeunes qui vont découvrir les boîtes de nuit, et c’est tant mieux. Ils n’ont pas pu vivere les  vécu, les perça, tout ce qui se passait avant et maintenant. Bon, la vie va reprendre son cours.  

FBG : Justement, pensez-vous que la vie va reprendre son cours totalement normalement ? Vous n’avez pas peur que des jeunes qui n’ont pas connu les boîtes et les autres aient appris à faire la fête autrement, chez eux par exemple et ne reviennent pas ? 

Daniel Delhoste : Ben non parce que, par exemple, les gens y sont restés plusieurs mois sans aller au restaurant, et ils sont repartis dare-dare manger dans les restos quand ils ont pu. Donc je pense que ça va repartir comme avant. Puis on est un pays de fête ici quand même, parce qu’il y a les Fêtes de la Madeleine, les fêtes de Dax et toutes les fêtes de village. Donc je pense que ça devrait se passer comme avant. Mais je vous dirai dans quinze jours !

FBG : Vous rouvrez donc en septembre alors que vous aviez la possibilité de le faire en juillet. Pourquoi avoir attendu ? 

Daniel Delhoste : Je n’ai pas ouvert en juillet pour de bonnes raisons. D’abord, il n’y avait que 17% de jeunes de 18-25 ans qui étaient vaccinés à ce moment-là, c’est vraiment la majorité de nos clients. Donc, ça faisait peu. Après, nous sommes toujours fermés le mois d’août parce que la majorité des clients partent en vacances ou sur la côte. Donc, c’était pour nous se lancer dans un défi où on aurait eu que très peu de clients, donc ça aurait représenté une grosse perte d’argent. Donc, on a préféré attendre. 

FBG : Et financièrement, vous êtes comment ? Parce que les aides vont bientôt s’arrêter. 

Daniel Delhoste : Elles ont déjà été divisées par deux cet été, mais on ne va pas dans ce débat. Donc là, il faut que nous rouvres parce que c’est la fin des aides. Oui, on a perdu de l’argent. Parce qu’on n’a pas été aidé pendant les trois premiers mois.  Et on a tous ces congés qu’il va falloir payer donc ça fait quand même un chiffre aux alentours de 150.000 euros de perte sèche. 

FBG : Mais les aides ont quand même été à la hauteur ?

Daniel Delhoste : Ah oui, les aides ont été à la hauteur, mes établissements se portent bien. Ce qui nous a aidé le plus, c’est de pouvoir faire des emprunts BPE, ce qui nous a fait une grosse trésorerie et permis de tenir jusqu’au mois de juin 2020 (date de l’arrivée des aides), et qui va nous permettre d’encaisser les 50.000 euros de pertes par établissement. Et comparé aux autres pays, on a de la chance. Je vais souvent en Espagne et c’est 400 euros d’aides là bas. J’ai vu moult restaurants, bars ou autres commerces fermer. Donc, franchement, on est dans un pays qui nous a permis de nous en sortir, même si il y a de la casse. Mais au moins, on s’en est sorti.

Daniel Delhoste, gérant de trois discothèques à Mont-de-Marsan.
Daniel Delhoste, gérant de trois discothèques à Mont-de-Marsan. © Radio FranceSolène de Larquier

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