21 juin 2021

Les agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine portent plainte contre les grandes surfaces

Les Jeunes Agriculteurs et la FNSEA de Nouvelle-Aquitaine ont porté plainte ce mardi contre les grandes surfaces et les distributeurs pour non respect de la loi Egalim. Une loi votée en 2018 qui devait leur permettre d’être mieux rémunérés mais que la plupart des professionnels n’appliquent pas. Lire l’article original

Avant même la crise sanitaire et le retour en force des circuits courts, le gouvernement d’Edouard Philippe à l’époque avait décidé de faire voter une loi ayant pour objectif de promouvoir une agriculture saine et plus rémunératrice pour les professionnels. Votée en 2018, après des Etats Généraux de l’Alimentation conduits partout en France, les syndicats agricoles Jeunes Agriculteurs et FNSEA en tête, dénoncent le non-respect de cette loi Egalim par les professionnels de la grande distribution. Ce mardi à Bordeaux, ils ont donc décidé de porter plainte contre eux pour non respect de la loi.

Une plainte symbolique

Une action essentiellement symbolique” reconnaît Gaétan Bodin, le président des Jeunes Agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine. Les grandes surfaces n’ayant en effet que peu de chances d’être condamnées, “en revanche, cette plainte va peut-être nous permettre de remettre un coup de pression sur les distributeurs et les pouvoirs publics” espère-t-il. 

En effet, une nouvelle série de négociations commerciales doit débuter ce mercredi entre l’état, les grandes surfaces et les représentants agricoles. Une séance destinée à fixer les prix agricoles moyens pour la viande, le lait ou encore les fruits et légumes. Des prix minimums sont bien contenus dans la loi Egalim, mais les distributeurs ne les respectent pas et préfèrent payer des amendes plutôt que de les appliquer. Quant à l’état, “il n’a manifestement pas les moyens de faire appliquer ses décisions” déplore de son côté Jonathan Lalondrelle, éleveur de volailles Label Rouge dans les Landes et secrétaire général des Jeunes Agriculteurs.

L’hypocrisie des supermarchés

Or lors du premier confinement, beaucoup de consommateurs avaient pris conscience de la nécessité de privilégier les circuits courts et les produits locaux. Une brèche dans laquelle s’étaient engouffrés de nombreux hypermarchés, en mettant eux aussi en avant dans leurs rayons le made in France et leur engagement en faveur des produits locaux. Un affichage qui n’est que marketing, dénoncent les agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine. “Les supermarchés prennent le meilleur de nos produits mais ne nous les payent pas, comme la loi les y oblige pourtant… c’est une injustice et une hypocrisie totale!” conclut Jonathan Lalondrelle, qui promet avec son syndicat des actions coups de poing dans les prochains jours sur les agriculteurs ne sont pas entendus.

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