28 novembre 2021

“Le Serpent” : Guy Mochy, de Morlaàs, a échappé au tueur en série en 1976

Récit : en 1976, un groupe d’étudiants de Tarbes a permis l’arrestation d’un tueur en série, en Inde. Après la sortie d’une série Netflix sur Charles Sobhraj, Jacques Aragon et Guy Mochy racontent cette soirée hors du commun. Lire l’article original

“On a eu les bons réflexes au bon moment, c’est tout”, affirme modestement Guy Mochy. Le sexagénaire fait partie du groupe d’étudiants ingénieurs de Tarbes qui ont permis l’arrestation du tueur en série Charles Sobhraj, surnommé “Le Serpent”, en 1976 à New Dehli, en Inde. 

Depuis la sortie d’une série sur le tueur français, qui a sévi dans les années 1970 en Asie,chacun se souvient de son petit morceau, on arrête pas de se refaire le film“, explique Guy, qui habite à Morlaàs. En 1976, il part en Inde et en Thaïlande pour le voyage de fin d’année de l’École Nationale d’Ingénieurs de Tarbes. A Agra, à quelques kilomètres de Delhi, le groupe d’une soixantaine de jeunes est approché par “Le Serpent”, qui leur propose des cachets contre la dysenterie. 

La moitié de ses camarades évanouis ou pris de vomissements 

Guy et son ami Jacques Aragon, originaire de Léon (Landes), ne le prennent pas “par précaution”. Sage décision car trois jours plus tard, le “Serpent” retrouve le groupe à l’hôtel et distribue un dernier cachet, “avec de quoi assommer un éléphant”, précise Jacques. Rapidement, la moitié de la promo s’évanouit, vomit et tombe par terre, les yeux révulsés.

Rapidement, le groupe s’organise. “Ce qui nous a sauvés c’est qu’on vivait tous ensemble depuis quatre ans. Je pense que s’il avait fait ça avec un groupe de voyage organisé, il réalisait son coup sans problème“, affirme Jacques. Alors que des camarades retiennent Charles Sobhraj , Guy part à l’ambassade de France prévenir les autorités. 

Un tueur soupçonné d’avoir tué une trentaine de personnes 

Problème : le garde ne parle pas un mot de français. Il entreprend alors d’escalader la grille du bâtiment. “Ils ont dû nous prendre  pour des drogués”, s’amuse-t-il. Rameutés par le bruit, les membres de l’ambassade du Canada, voisine, finissent par entendre les étudiants. Interpol se rend ensuite à l’hôtel pour arrêter “Le Serpent”, visé par un mandat d’arrêt international. 

Depuis, Guy a mis de côté cette histoire : “Ça ne m’a même pas empêché de laisser partir mes filles à l’étranger.” Jacques, lui, collectionne les coupures de presse sur le tueur, surtout pour “s’assurer qu’il reste bien en prison”. Le premier n’a pas regardé la série, l’autre l’a dévorée. “Mes enfants ont entendu mon histoire depuis tout petits. À la fin je pense que je les gavais. Maintenant qu’ils ont vu la série, ça a donné une importance à l’histoire que je leur racontais. Maintenant, c’est presque « mon père ce héros »“.

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