1 mars 2021

Le Samu des Landes adopte la vidéo régulation

Depuis juillet 2020, le Samu des Landes s’est doté d’un nouvel outil très précieux : la vidéo régulation. Son objectif est d’analyser encore plus finement les appels d’urgence. Ce nouvel outil de diagnostic à distance permet en effet d’identifier le degré de gravité des cas. Lire l’article original

“Adapter les moyens et être plus efficace”. Depuis juillet dernier, le SAMU des Landes utilise la vidéo-régulation. L’outil permet d’analyser encore plus finement les appels d’urgence.  Le médecin-régulateur peut en effet examiner un patient à distance, constater les dégâts lors d’accidents de la route, guider les accompagnants pour les premiers gestes en cas de blessure et parfois même en cas d’arrêt cardiaque. 

Sébastien Seigner est cadre de santé au Samu 40. C’est lui qui début 2020 repère cet outil, utilisé alors dans quelques Samu de France. Pour lui, l’outil est plus que nécessaire dans les Landes. ” On a un département qui est très grand et qui a 4 SMUR en basse-saison (Labouheyre, Aire-sur-l’Adour, Mont-de-Marsan et Dax) et donc il faut savoir utiliser à bon escient ces moyens médicaux. On ne peut pas envoyer des SMUR sur toutes les interventions donc il faut que le médecin régulateur puisse affiner son diagnostic avant de prendre une décision.”

Adapter les moyens et désormais voir!

Pour le docteur Didier Darraillans, responsable du Samu 40, la vidéo régulation apporte désormais le visuel. “La régulation est un acte uniquement auditif, explique le médecin. Nous avons tout un tas d’outils diagnostic qui nous permettent de savoir un petit peu où on va. Mais le fait de voir nous apporte quand même beaucoup plus et nous permet de préciser les choses. “

Sur son écran (à l'extrême gauche sur la photo), l'agent de régulation du Samu 40 est connecté à la caméra du téléphone de l'appelant.
Sur son écran (à l’extrême gauche sur la photo), l’agent de régulation du Samu 40 est connecté à la caméra du téléphone de l’appelant. © Radio FranceStéphanie Hildenbrandt

La vidéo régulation est donc un outil complémentaire qui n’est pas utilisé tout le temps. C’est à l’appréciation du médecin régulateur. Actuellement il est utilisé dans trois situations: pour avoir un bilan d’ambiance, notamment lors des accidents de voitures (combien de personnes impliquées, les voitures sont-elles déformées…) “Cela permet au médecin régulateur d’avoir une notion de ce qui se passe.” précise Sébastien Seigner.  La deuxième situation, c’est pour géolocaliser une personne. Et la troisième situation, c’est pour faire une consultation médicale. Depuis son acquisition, le Samu des Landes a utilisé la vidéo régulation une dizaine de fois par mois. 

C’est l’avenir. – Sébastien

Au centre d’appel du Samu, basé au centre hospitalier de Mont-de-Marsan, Sébastien répond au téléphone. Depuis le mois de juillet, il a plusieurs fois activé la vidéo régulation. “C’est un outil qui est ultra précieux, s’enthousiasme le permanencier. “Il y a quelques temps de cela, j’ai pu géolocaliser une dame qui était perdue en forêt en voiture. Elle ne savait absolument pas où elle était. Grâce à cet outil, je l’ai géolocalisée et on a pu la guider pour qu’elle retrouve une route carrossable et rentrer chez elle. Franchement c’est très bien. C’est l’avenir. On l’a utilisé récemment sur un accouchement (sur un parking à Labouheyre). On a pu aider les pompiers, on a rassuré la dame. Tout s’est bien passé. Oui franchement c’est top!”

La vidéo-régulation : comment ça marche ?

  • Le patient contacte le 15
  • L’ARM (assistant de régulation médicale) effectue la régulation médicale, il passe ensuite le relais au médecin régulateur. L’utilisation de la vidéo n’est pas systématique et reste à l’appréciation du médecin ou de l’ARM, si la situation le nécessite.
  • Si la vidéo est proposée au patient et s’il l’accepte, un SMS lui est envoyé.
  • Il suffit alors de suivre un lien et d’accepter l’utilisation de la caméra.
  • La vidéo démarre en moins de 10 secondes sur n’importe quel smartphone. Pour autant il faut avoir la 3G

Ce nouvel outil, qui entre dans le cadre du plan Buzyn prévoyant un pacte de refondation du Samu, devrait progressivement être adopté par tous les Samu de France.

Lire l’article original