24 juin 2021

Landes : une baleine à bec avec 16 kilos de plastique dans l’estomac

« La surprise » a été totale pour Aurore Toulot et Pascal Ducasse, ce dimanche 9 mai. En charge d’effectuer une nécropsie du cadavre du mammifère marin, retrouvé la veille sur la plage de Messanges, c… Lire l’article original

Par Benjamin Ferret – b.ferret@sudouest.fr

Une nécropsie du cadavre de ce mammifère marin de 5 mètres a été faite ce dimanche 9 mai, au lendemain de sa découverte sur la plage de Messanges

« La surprise » a été totale pour Aurore Toulot et Pascal Ducasse, ce dimanche 9 mai. En charge d’effectuer une nécropsie du cadavre du mammifère marin, retrouvé la veille sur la plage de Messanges, ces deux correspondants basco-landais de l’observatoire Pelagis ont découvert 16 kilogrammes de déchets plastiques dans le ventre de l’animal.

Un paquet de biscuit espagnol parmi les déchets.
Un paquet de biscuit espagnol parmi les déchets.

Itsas Arima

« Il y avait des paquets de chips, de pâtes, des sacs de marques espagnoles, d’autres non identifiables », rapporte la première, avec dégoût. Présidente de l’association Itsas Arima, elle explique la présence de ces déchets par l’état de santé de cette baleine à bec, aussi nommé de Cuvier, ou ziphius.

« Cette femelle, d’une taille de 5,15 m, souffrait d’une maladie parasitaire. Elle a avalé ce plastique en surface, faute d’avoir pu plonger pour se chercher son habituelle nourriture. » Proche d’un dauphin, par sa dentition, ce mammifère marin se nourrit ainsi de céphalopodes tels que les chipirons.

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Quelques restes de ces aliments ont bien été retrouvés dans l’estomac de l’animal. Le plastique ingéré pourrait avoir contribué à sa fin. Les traces de décomposition relevées tendraient quant à elles à montrer que la mort de la baleine a précédé de plusieurs jours son échouage.

La baleine à bec échouée à Messanges mesurait 5,15 mètres.
La baleine à bec échouée à Messanges mesurait 5,15 mètres.

Itsas Arima

« Première depuis 2001 »

« Une baleine à bec avec des déchets dans le ventre, c’est une première depuis 2001 », relève Aurore Toulot. Espèce observable aux abords du Gouf de Capbreton, sa population est « bien moindre que celle du grand dauphin et du dauphin commun », habitués à rester au large des côtes. Leurs échouages sur les côtes basco-landaises restent peu nombreux. « Entre Hendaye et Soustons, notre zone d’action, on est sur un ou deux baleines à bec par an. »

Si la quantité de plastique prélevé dans la baleine reste remarquable, sa présence dans les cadavres des animaux marins échoués est souvent plus insidieuse. « C’est la bio-accumulation. Les cétacés mangent des poissons qui ont eux-mêmes avalé des plastiques. Mais là, cette baleine affaiblie n’a trouvé que des déchets humains pour se nourrir, d’où la grande quantité de plastiques trouvée. »

Pascal Ducasse et Aurore Toulot sont correspondants de l’Observatoire Pelagis, chargé d’étudier les échouages des mammifères et oiseaux marins.
Pascal Ducasse et Aurore Toulot sont correspondants de l’Observatoire Pelagis, chargé d’étudier les échouages des mammifères et oiseaux marins.

Photo Itsas Arima

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