11 avril 2021

Landes : dans la filière bois, la formation pousse

Le Centre de formation des apprentis des industries du bois de Morcenx-la-Nouvelle ne comptait encore cette année qu’une dizaine d’apprentis. Mais comment attirer des candidats à ces formation… Lire l’article original

Le CFA des industries du bois de Morcenx ne forme qu’une dizaine d’apprentis par an, là où il en faudrait une quarantaine pour répondre aux besoins des entreprises du territoire. De nouveaux locaux doivent être livrés en janvier 2022

Le Centre de formation des apprentis des industries du bois de Morcenx-la-Nouvelle ne comptait encore cette année qu’une dizaine d’apprentis. Mais comment attirer des candidats à ces formations aux noms peu évocateurs ? Comment un jeune de 14 ans peut savoir s’il trouvera son bonheur dans un CAP Conducteur et opérateur de scierie, un CAP Mécanicien affûteur ou bien un bac professionnel Pilote de ligne de production, ou encore un bac professionnel Maintenance des équipements industriels ?

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Pour Alice Betbeder, responsable du CFAIB, ce ne sont pourtant pas les débouchés qui manquent pour ces métiers et des savoir-faire plutôt recherchés. Mais le CFAIB manquait jusqu’ici de visibilité : « Nous sommes les seuls à avoir ces diplômes sur la Région. Sans ce pôle des métiers de l’industrie du bois, il faudrait aller jusque dans les Vosges. » Historiquement, la présence d’un massif forestier explique cette implantation régionale et disparate. Des formations diplômantes pour des métiers de la première et de la seconde transformation du bois, des métiers méconnus.

Stéphane Dumartin, formateur, constate pourtant tout le potentiel de ces carrières : « Les professionnels encore en activité sont vieillissants, on constate beaucoup de départs à la retraite dans les scieries. Nous avons entre 30 et 40 demandes par an de la part des entreprises pour prendre des apprentis, et nous n’avons que dix jeunes à proposer, ce qui est tout à fait insuffisant… » D’autant plus que le territoire ne manque pas de fleurons industriels liés à la transformation du bois.

La recherche de sous-traitants

Dorian fait par exemple son apprentissage chez Egger : « J’ai découvert ce CAP de mécanicien affûteur par hasard, j’aime travailler le métal, je suis plutôt agile de mes mains. » Grâce à sa formation, il ne restera pas cantonné à une tâche et apprendra un domaine beaucoup plus large, qui lui permettra de postuler en tant que maître affûteur. Des scieries comme Lesbats à Léon, ou Labadie à Roquefort, cherchent aussi parfois des sous-traitants. « Il y a beaucoup de structures modestes et familiales dans les scieries du territoire, des entreprises qui ont entre 4 et 15 salariés. Ils représentent jusqu’à 80 % des établissements, et avec la tendance du retour au bois dans plusieurs secteurs, beaucoup tournent à plein régime. »

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L’objectif d’Alice Betberder est bien d’augmenter le nombre d’apprentis formés par an. « Il y a une appétence pour les métiers du bois, mais il y a une vraie méconnaissance de la filière industrielle qui en découle. » D’autant plus que cette année, les entreprises de la filière bois ont été très peu perturbées par le Covid : « Les entreprises ont tourné, boostées parfois par le bois construction, avec la reprise du BTP après le premier confinement. Il y a eu très peu de mesures de chômage partiel, les carnets de commandes sont pleins, et on craint même de manquer de matière première. »

« Un gros travail à faire »

« Il y a une appétence pour les métiers du bois, mais il y a une vraie méconnaissance de la filière industrielle »

L’avantage aussi pour les apprentis du CFA, c’est la garantie de trouver du travail sur le territoire, et pas à l’autre bout de la France. Un argument qui fait mouche auprès de nombreux apprentis landais : « Peu de jeunes veulent partir, ils souhaitent plutôt rester proches de leurs familles, de leurs amis, c’est vrai qu’il y a ici une qualité de vie qu’on ne trouve pas ailleurs. Ces métiers leur permettent d’être embauchés sur place, ou en tout cas dans le quart sud-ouest de la France. La proximité de la gare SNCF est aussi un avantage, pour recevoir des apprenants qui n’ont souvent pas de moyen de locomotion. » Certains jeunes veulent ensuite poursuivre leur cursus, avec un BTS, notamment pour faire de la maintenance.

« Nous voulons grandir, mais aussi rester à taille humaine. Aujourd’hui, les apprentis bénéficient quasiment de cours particuliers. Nous avons un très gros travail de prospection à faire, avec la Mission locale, Pôle emploi, pour présenter les métiers, les carrières… Nous avons participé cette année à des forums des métiers virtuels, mais l’absence de rendez-vous en présentiel nous a un peu handicapés pour le recrutement. La Région a voulu donner un nouvel élan à ce CFA, avec de nouveaux locaux et un plateau technique plus moderne, ce qui permettra également d’évoluer en matière de pédagogie. »

52 millions pour les lycées

Pour les lycées landais, c’est presque 52 millions d’euros qui ont été investis entre 2016-2021 par la Région : 11 millions d’euros pour Morcenx, 20 millions pour Parentis dont 2 pour le gymnase, 2,5 millions pour Hector-Serres à Oeyreluy, 2 pour Borda à Dax, 3 pour Despiau à Mont-de-Marsan et 13 millions pour Haroun-Tazieff (lire ci-dessous).

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