16 septembre 2021

Landes : 180 manifestants à Saugnac-et-Muret pour défendre la chasse à l’alouette

« Tous les moyens sont bons pour se faire entendre », estime Rémi Clavé, perché sur ses échasses au bord d’un rond-point de la D 348. Si l’échassier amateur a rejoint 180 manifestants à Saugnac-et-Mur… Lire l’article original

Par Camille Rigeade

180 personnes étaient présentes sur les ronds-points de Saugnac-et-Muret, ce samedi 28 août. Organisée par l’Association communale de chasse agréée (ACCA) de Muret, la manifestation protestait contre l’interdiction de la chasse à l’alouette

« Tous les moyens sont bons pour se faire entendre », estime Rémi Clavé, perché sur ses échasses au bord d’un rond-point de la D 348. Si l’échassier amateur a rejoint 180 manifestants à Saugnac-et-Muret, c’est qu’il compte bien défendre la chasse à l’alouette, jugée illégale par le Conseil d’État. Deux ronds-points, aux abords de l’autoroute, ont été réquisitionnés pour l’occasion. Objectifs : distribuer 1 500 tracts aux automobilistes et faire passer leur message grâce à des affiches.

Du haut de ses échasses, Rémi Clavé attiraient les curieux sur le rond-point.
Du haut de ses échasses, Rémi Clavé attiraient les curieux sur le rond-point.

C.R.

Arborant un tee-shirt « Touche pas à ma chasse », Mathis Citrain, chargé de la communication à l’ACCA de Muret, regarde autour de lui. « Il y a des chasseurs, mais aussi des familles, des élus, des agriculteurs, des sylviculteurs. » On retrouve des appuis locaux de la Fédération départementale des chasseurs des Landes comme Bernard Roumégoux. Des jeunes sont également présents. Venue de Lanton, sur le Bassin d’Arcachon, Annabelle Lorieux, 19 ans, aimerait « faire découvrir la chasse à l’alouette avant qu’elle ne soit jugée ».

La maire de Biscarrosse et d’autres élus locaux s’étaient déplacés.
La maire de Biscarrosse et d’autres élus locaux s’étaient déplacés.

C.R.

Car pour le président de l’ACCA de Muret, l’interdiction du Conseil d’État n’est qu’un début. « Les chasses vont être attaquées les unes après les autres alors que nous ne sommes pas consultés », se désole Jean-Paul Salvané. « Les bobos écolos de la LPO [Ligue pour la protection des oiseaux] nous imposent leur diktat », renchérit Bernard Roumégoux. Installé devant un filet étendu pour l’occasion, Mathis Citrain ne voit qu’une solution : « soutenir la ruralité face aux néo-ruraux ».

Coiffé d’un chapeau avec une plume d’épervier, Didier Remazeilles aimerait que « la chasse à l’alouette continue ». Il a débuté cette pratique à l’âge de huit ans et conserve le même sifflet, vieux de 40 ans. Mathis Citrain valorise également les traditions derrière « le savoir-faire d’un bon siffleur ».

Opération tracts pour la jeune génération.
Opération tracts pour la jeune génération.

C.R.

Plusieurs élus locaux

Plusieurs élus locaux se joignent aux manifestants pour leur apporter du soutien. Parmi eux, l’adjoint à la mairie de Saugnac-et-Muret, Nicolas Pierre. Il est venu pour protester « contre cette décision injuste ». « On jette l’opprobre sur des gens qui sont les héritiers du territoire », se révolte la maire de Biscarrosse, Hélène Larrezet. Touchée dans sa commune par la grève des battues, l’élue se dit d’autant plus consciente « de l’utilité des chasseurs pour réguler les nuisibles et prévenir la pollution dans nos forêts ».

Mais l’ACCA de Muret ne veut pas faire la grève des battues afin de ne pas pénaliser les agriculteurs et les sylvicuteurs. L’association appelle plutôt à rejoindre le cortège du 18 septembre à Mont-de-Marsan à l’initiative de la Fédération départementale des chasseurs des Landes.

Décision du Conseil d’État

Le 6 août, le Conseil d’État a jugé vendredi « illégales » plusieurs techniques de chasses traditionnelles d’oiseaux. Saisi par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et One Voice, il a invalidé, entre autres, l’autorisation de chasser l’alouette. « L’évolution des connaissances scientifiques met en évidence un déclin important des populations de cette espèce ainsi que la sensibilité des oiseaux à la souffrance », indique le Conseil d’État. L’alouette des champs aurait perdu plus de 20 % de ses effectifs en quinze ans.

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