16 septembre 2021

La Ville de Dax et le torero Juan Leal relaxés, la SPA condamnée pour procédure abusive

« À Dax, on est un cran au-dessus. Alors qu’ailleurs, il y a des délégations de service public, ici, la commune prend directement part dans le choix des taureaux et des toreros engagés », avait insist… Lire l’article original

Par Julie L’Hostis avec Benjamin Ferret

Assignés au tribunal par la SPA pour sévices graves ou actes de cruauté envers des animaux, la Ville de Dax et le torero Juan Leal ont été relaxés. La SPA a, quant à elle, été condamnée pour procédure abusive

« À Dax, on est un cran au-dessus. Alors qu’ailleurs, il y a des délégations de service public, ici, la commune prend directement part dans le choix des taureaux et des toreros engagés », avait insisté Me Nicolas Huc-Morel, avocat de la Société protectrice des animaux (SPA), lors de l’audience du 2 juin dernier. Dans l’arène judiciaire s’étaient retrouvés face à face, la SPA d’un côté et la Ville de Dax et le torero Juan Leal de l’autre. Ces derniers étant attaqués pour « sévices graves ou actes de cruauté envers des animaux » qu’aurait commis un torero – en l’occurrence l’Arlésien Juan Leal – avec la complicité de la Ville dans laquelle était organisée cette corrida.

À l’arrivée, ce jeudi 9 septembre, le tribunal judiciaire de la cité thermale a prononcé la relaxe pour les deux mis en cause et même la condamnation de la SPA à verser 5 000 euros d’amende au torero pour procédure abusive.

Collision avec la loi

D’avance pourtant, l’avocat du barreau de Paris savait que ses arguments allaient se heurter à une jurisprudence, constante, au sujet de la légalité de la tauromachie sur le territoire français. Alinéa inscrit dans l’article 521-1 du code pénal, le texte permet en effet qu’une corrida ait lieu dans une « zone de tradition ininterrompue ». Ce qu’est bien Dax, comme n’avait pas manqué d’affirmer son maire, Julien Dubois, en juin.

De son côté, Juan Leal avait exprimé sa déception d’avoir « à justifier de sa profession », souvent taxée de cruauté. Ce jeune père de famille, parti se forger à Séville depuis la fin de son enfance, avait expliqué que pour lui, être torero est bien plus qu’un métier : « Pour créer une œuvre d’art face à un animal sauvage, je suis prêt à perdre la vie durant une corrida. »

L’animal qu’est le toro de combat, il le vénère : « Ce n’est ni un animal domestique, ni un bovidé ; c’est un toro », avait-il poursuivi face au comparatif de l’avocat de la SPA. Il a sans surprise obtenu gain de cause et la Ville de Dax avec lui.

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