30 juillet 2021

La Cour des comptes en faveur du remboursement des séances de psychothérapies

La Cour des comptes recommande dans un rapport publié mardi de généraliser le remboursement des séances de psychothérapie. Ce dispositif, expérimenté dans quatre départements, permettrait d’alléger le système de soins psychiatriques, actuellement en surcharge. Lire l’article original

Rembourser les séances de psychothérapie effectuées chez un professionnel libéral : la mesure est expérimentée depuis deux ans dans quatre départements (Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Landes et Morbihan). Selon un rapport de la Cour des comptes, publié mardi 16 février, “il paraît possible de généraliser cette expérimentation”. C’est même, selon le rapport, le levier principal pour désengorger les structures de psychiatrie, débordées depuis plusieurs années et confrontées à une hausse des demandes depuis le début de la pandémie de coronavirus. 

Moins de dépenses à long terme

Depuis deux ans, cette expérimentation a permis à 20.000 patients d’être suivis par un psychologue libéral et d’être remboursés de ces séances, grâce à une prescription de leur médecin traitant. Ainsi, 200.000 séances ont été remboursées par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Selon le rapport, étendre cette expérimentation dans toute la France n’entraînerait “pas de surcoût notable à court terme”

Cela permettrait même d’économiser de l’argent : en effet, les patients pourraient être pris en charge plus vite que dans les structures hospitalières, où le délai d’attente est actuellement très long, et ainsi développer moins de pathologies ou à un stade moins avancé. La CPAM pourrait donc économiser des dépenses de médicaments, d’hospitalisation voire même certaines allocations versées à des personnes dont les maladies sont chroniques et invalidantes. “C’est grâce à la mise en place de solutions thérapeutiques éprouvées et de coût modéré que l’on évitera de recourir de manière abusive et souvent inefficace à des soins spécialisés, plus coûteux”, écrivent les auteurs du rapport.

Alléger la pression sur le système hospitalier

Selon le rapport, cette prise en charge des patients aux pathologies les moins graves dans le secteur libéral pourrait permettre d’alléger la pression qui pèse sur les structures hospitalières. “Les moyens spécialisés sont souvent ‘asphyxiés’, faute d’être centrés sur les publics prioritaires”, est-il écrit. En effet, de nombreuses personnes n’ayant pas les moyens de payer une psychothérapie se tournent par exemple vers les centres médico-psychologiques (CMP), qui dépendent des hôpitaux publics et reçoivent donc gratuitement. En 2018, ils ont reçu plus de 2 millions de patients mais 25% d’entre eux n’ont eu qu’une consultation dans l’année. 

Cela engendre des délais de prise en charge importants et donc un suivi de moins bonne qualité, “le système étant débordé par le nombre de demande, conséquence d’une demande trop large et pas assez ciblée”. Le “délestage” via un remboursement des psychothérapies effectuées dans le secteur libéral pourrait donc permettre à ces différentes structures de se recentrer sur les personnes aux pathologies les plus lourdes. 

Une offre de soins plus graduée

En parallèle du remboursement de ces psychothérapies prescrites par le médecin traitant, la Cour des comptes recommande de mettre en place une offre de soins beaucoup plus graduées en fonction de la gravité de la pathologie des patients, afin de leur proposer une prise en charge qui leur correspond mieux. “Les services spécialisés relevant des établissements comptent dans leur patientèle une part significative de troubles légers ou modérés”, souligne-t-elle. Ainsi, le médecin traitant pourrait être celui qui oriente vers la meilleure offre de soins psychiatriques, comme il oriente vers un dermatologue par exemple.

Dans ces conditions, selon la Cour des comptes, les patients serait mieux suivis dès le début, ce qui pourrait éviter certaines formes graves et laisser la possibilité aux structures spécialisées de mieux accompagner les personnes dont les pathologies sont très importantes. Elles pourraient ainsi prévenir certaines rechutes et améliorer le suivi après une hospitalisation, estime la Cour des comptes. occ

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