12 mai 2021

Influenza aviaire : les acteurs landais de la filière réunis en table ronde

Sous la lumineuse verrière du bâtiment Agrolandes, à Haut-Mauco (Landes), la table ronde des acteurs des filières touchées par la crise d’influenza aviaire de cet hiver a laissé entrevoir une … Lire l’article original

Les acteurs des filières volaille et palmipède des Landes semblent prêts à faire des compromis afin de ne pas revivre une crise comme celle traversée durant l’hiver 2020-2021

Sous la lumineuse verrière du bâtiment Agrolandes, à Haut-Mauco (Landes), la table ronde des acteurs des filières touchées par la crise d’influenza aviaire de cet hiver a laissé entrevoir une entente globale, mercredi 7 avril.

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Organisé par la rédaction de « Sud Ouest » et dirigé par Odile Faure, cheffe d’agence départementale des Landes, et Stéphane Vacchiani-Marcuzzo, directeur du développement événementiel et communication, ce temps de discussion s’est déroulé avec Marie-Hélène Cazaubon, éleveuse et présidente de la Chambre d’agriculture des Landes, Éric Dumas, vice-président du Cifog 40 (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras), Serge Mora, président du Modef 40 (Mouvement de défense des exploitants familiaux) et François Lesparre, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles). Franck Hourmat, directeur de la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP) et Jean-Luc Guérin, professeur à l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), y ont participé à distance, en visioconférence.

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Stéphane Vacchiani-Marcuzzo et Odile Faure ont animé la conférence consacrée à la dernière crise d’influenza aviaire.

Crédit photo : Thibault Toulemonde

« Ça va un peu mieux »

Avant d’entamer la conversation, les invités ont été interrogés sur le moral actuel. « On peut dire que ça va mieux, s’est lancée Marie-Hélène Cazaubon. Je crois qu’on a tous été secoués par la violence de l’épisode ». Le positif est aussi de retour pour François Lesparre : « On est dans le mieux, je devrais retrouver des volailles pour le 22 avril ». Même s’il faut du temps pour analyser l’ensemble des données du virus, Jean-Luc Guérin admet qu’il avait, cette fois, un « caractère particulier avec une introduction par la faune sauvage et des animaux qui ont produit plus de particules virales que pour les virus précédents ».

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Le professeur Jean-Luc Guérin.

Crédit photo : archives Philippe Salvat

En revanche, le sentiment était plus nuancé pour Serge Mora et Éric Dumas. « Je suis inquiet sur les potentielles pertes de débouchés », a indiqué le premier. « On va rebondir mais il va falloir que chacun prenne ses responsabilités », a précisé le second.

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Marie-Hélène Cazaubon et Éric Dumas.

Crédit photo : Thibault Toulemonde

À quand la reprise ?

Franck Hourmat de la DDETSPP a très vite affirmé que, pour les services de l’État, la fin de la crise n’a pas encore sonné : « À partir de la détection du premier foyer, nous entrons dans un tunnel de gestion de deux ans. Aujourd’hui, il y a deux grandes gestions, celle des espèces et celle des zones. Pour les zones indemnes, on peut espérer une reprise fin avril mais pour le cœur de la Chalosse, il faut être prudent. »

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Le délicat volet des indemnisations a ensuite été évoqué. « Pour les éleveurs concernés par la perte immédiate, les services ont tenté de mettre les aides en place le plus vite possible. Sur 10 à 11 millions d’euros débloqués, 5 à 6 ont déjà été distribués. En revanche, pour les cas de perte d’activité économique, c’est plus complexe, mais le but est de mettre en place une solution aussi sécurisante qu’en 2017, voire mieux », a détaillé Franck Hourmat.

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Franck Hourmat, directeur de la DDETSPP.

Crédit photo : Thibault Toulemonde

Une situation confirmée par François Lesparre : « Il reste un tas de situations orphelines sans réponse ».

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Selon Serge Mora, « pour ceux qui n’avaient rien en production, ça va faire six mois sans rentrée d’argent… ».

La question de la claustration

Les débats se sont un peu plus animés lorsque la claustration des animaux a été abordée. « Quand il y a un risque, on se met à l’abri », a lancé Éric Dumas. Avec Marie-Hélène Cazaubon, ils semblaient d’accord pour dire qu’elle pourrait être « une des solutions si les éleveurs étaient accompagnés au cas par cas ». Serge Mora était plus sceptique vis-à-vis de cette technique qui « s’éloignait de l’élevage traditionnel landais » tout en concédant que « mettre les animaux à l’abri sur la période à risque du 15 novembre au 15 janvier pouvait être envisageable mais difficilement plus longtemps ».

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Au niveau national, des groupes de travail ont été mis en place par le ministère de l’Agriculture, afin de définir une feuille de route. « Il va falloir qu’elle soit claire et le moins possible sujette à interprétation », souhaite Éric Dumas. « Il y a une phrase que je ne peux plus entendre c’est ‘‘on a toujours fait comme ça’’. Aujourd’hui, ce n’est plus possible et on l’a vu cet hiver », a conclu Marie-Hélène Cazaubon.

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Un rendez-vous a été fixé dans un an pour faire un point sur les évolutions au sein des filières volaille et palmipède.

Crédit photo : Thibault Toulemonde

L’intégralité du débat de la table ronde est à retrouver jeudi 15 avril, à 10 heures, sur les réseaux sociaux et sudouest.fr. Pour recevoir le lien de diffusion de cette conférence, s’inscrire en cliquant ici.

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