17 septembre 2021

Guillotines dans les Landes : une élue menacée porte plainte

Après la découverte dans les Landes de deux guillotines, deux plaintes ont été déposées ce mardi. Parmi elles, celle de la maire d’Hagetmau, directement visée par ces mises en scène. Pascale Requenna avait cosigné avec d’autres élus une tribune favorable au pass sanitaire dans le JDD. Lire l’article original

Pascale Requenna porte plainte. La maire d’Hagetmau réagit après la découverte ce week-end des deux guillotines, l’une à Geaune, l’autre à Samadet. Sur ces deux guillotines étaient placardées des centaines de noms d’élus défendant le pass sanitaire. Parmi ces 300 élus de droite et de gauche, il y avait la maire d’Hagetmau. Le 18 juillet dernier, Pascale Requenna avait cosigné une tribune dans le JDD, saluant “le courage des décisions prises par Emmanuel Macron”.

Les deux guillotines en bois de près de deux mètres de haut étaient dotées d’une lame factice. Un texte s’opposant au pass sanitaire était placardé sur les machines, ainsi qu’une liste de plusieurs centaines d’élus français favorables au pass sanitaire. Pascale Requenna se dit “atterrée” par ces mises en scène. “Le symbole de la guillotine est d’une violence inouïe. C’est pour moi un véritable affaissement moral de notre société. On a le droit d’avoir des points de vue divergents. On a le droit de combattre avec des mots et des idées, mais prendre des symboles comme celui de la guillotine pour contester des prises de position d’élus, je trouve ça affligeant, violent et extrêmement grave.” L’élue avoue “être effrayée car visée en tant qu’élue de la République, en tant que maire, conseillère régionale”. 

J’assume tout à fait mes propos mais je suis tout de même bouleversée. – Pascale Requenna

Malgré les menaces, Pascale Requenna ne regrette pas sa prise de position “parce que je pense qu’aujourd’hui, c’est le seul moyen que nous avons pour sortir de cette crise sanitaire économique. Le collectif, c’est une forme de solidarité pour moi. J’ai une vision, je l’ai partagée. Chacun est libre d’accepter ou pas, mais rentrer dans des considérations comme ça, avec des menaces, avec des symboles tel celui de la guillotine, je trouve ça absolument bouleversant.” L’élue continuera également de porter haut ses convictions. “Cela fait partie aussi du rôle des élus que de prendre des positions et d’expliquer pourquoi on les prend.”

Une enquête est ouverte

Pascale Requenna a donc décidé de porter plainte ce mardi. Tout comme le maire de Samadet. Commune sur laquelle a été découverte une des guillotines. Bernard Tastet dénonce  les menaces adressées aux élus. “Le message est quand même très fort” martèle l’élu. Au parquet de Mont-de-Marsan, une enquête est ouverte. Au moins deux plaintes ont été déposées.

A ce stade de l’enquête, le ou les auteurs de ces mises en scène sont inconnus. Un texte agrafé sur la guillotine laissait entendre que la mise en scène était revendiquée par le “comité Jean Moulin”. Mais, joint par France Bleu Gascogne, ce comité dément tout acte de la sorte : “Nous n’avons jamais appelé à le faire”, explique Hugues Debotte du comité. “Parce que ce n’est pas notre travail. Parce que ce n’est pas notre action. Nous ne revendiquons aucune action comme telle […] Le comité Jean Moulin n’a jamais fabriqué la moindre guillotine, et n’a lancé aucune invitation à le faire.”

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