18 mai 2021

Grippe aviaire dans les Landes : deux syndicats prônent l’élevage en plein air toute l’année

Une vingtaine d’agriculteurs sur la rocade à Mont-de-Marsan, ce mercredi après-midi. Des éleveurs de canards du Modef et de la Confédération Paysanne qui ont distribué des tracts et invité les automobilistes à signer une pétition pour défendre l’élevage de plein air. Lire l’article original

C’est une réunion avec l’interprofession, qui inquiète beaucoup de Modef et la Confédération Paysanne dans les Landes, notamment sur le maintien des dérogations de plein air accordées aux élevages de moins de 3.200 canards. 

Avec la troisième crise aviaire qui touche la filière en ce moment, 333 foyers désormais déclarés dans les Landes sur 445 en France et 2 millions de volailles, essentiellement des canards, abattus dans le Sud Ouest au 25 janvier, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture, il s’agit de réfléchir à l’après et aux solutions pour tenter éviter une nouvelle crise. 

Le Cifog, dont le conseil d’administration se tient ce jeudi, rappelle qu’il ne remet absolument pas en cause la pratique de l’élevage de plein air, “l’accès au parcours reste une priorité, quel que soit le modèle de production”, peut on lire dans un communiqué. Mais le Cifog rappelle également “qu’en période à risque, la mise à l’abri de tous les animaux pour les protéger d’une contamination par les oiseaux sauvages est une nécessité temporaire.” 

Ce que refusent les éleveurs mobilisés ce mercredi au rond-point sur la rocade de Mont-de-Marsan, route de Grenade. Tout l’après-midi, ils ont distribué des tracts et inviter les automobilistes  à signer une pétition pour défendre l’élevage de plein air toute l’année, gage de qualité et critère essentiel pour obtenir le label rouge ou l’IGP. 

Les Landais du Modef et de la Confédération Paysanne eux non plus ne veulent pas revivre un tel épisode. Mais pour eux, la claustration, même partielle des animaux pendant l’hiver n’est pas la solution. “On sait aujourd’hui que la biosécurité ne fonctionne pas totalement, puisque des élevages claustrés ont été touchés”, résume Joël, éleveur à Mugron, a perdu 3.000 canards et 600 poulets . 

Le tract distribué aux automobilistes landais pour défendre l'élevage en plein toute l'année
Le tract distribué aux automobilistes landais pour défendre l’élevage en plein toute l’année © Radio FranceValérie Mosnier

Pour éviter une nouvelle crise et maintenir le plein air toute l’année, y compris en période à risque, les deux syndicats font plusieurs propositions notamment sur la densité. Baisser la densité de canards durant l’hiver dans les exploitations pour qu’elle corresponde aux seuls besoins de production en frais. Une baisse estimée à 50%. “là, les grandes entreprises ont un rôle à jouer”, pour Serge Mora, le président du Modef des Landes. La densité de canards en Chalosse a notamment été mise en avant pour expliquer la propagation très rapide du H5N8. 

Quant aux dérogations, si elles viennent à être supprimées, le canard des Landes rejoindra la “production France” et sera directement en concurrence avec la production vendéenne, aux prix moins chers que le Label Rouge explique Maryline Beyris, “la production sera finie ici”

Les Landais semblent réceptifs au message des éleveurs de canards sur l'élevage de plein air
Les Landais semblent réceptifs au message des éleveurs de canards sur l’élevage de plein air © Radio FranceValérie Mosnier

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