7 mai 2021

Grand Dax : verre à moitié vide contre verre à moitié plein

Hikmat Chahine aime à le rappeler, lorsqu’on essaye de lui faire avaler des couleuvres : les chiffres, en général, ne mentent pas. Le vice-président aux finances du Grand Dax a fait une présen… Lire l’article original

Le premier budget primitif de la mandature a été adopté avec 14 abstentions. Il est jugé responsable pour la majorité communautaire et trop austère pour une partie de l’opposition. Le centre aquatique a une nouvelle fois été au cœur des débats

Hikmat Chahine aime à le rappeler, lorsqu’on essaye de lui faire avaler des couleuvres : les chiffres, en général, ne mentent pas. Le vice-président aux finances du Grand Dax a fait une présentation du budget primitif qui appelle, on s’en doutait, à la plus grande rigueur : « Il s’agit d’être réaliste : c’est un budget difficile, car très fortement contraint par le contexte : la forte baisse des recettes nous contraint à la rigueur. » Et ce n’est pas la livraison du centre aquatique communautaire d’Aquae qui donnait hier soir, mercredi 14 avril, du baume au cœur : « Il va peser fortement sur nos finances, aussi bien en investissement qu’en fonctionnement. »

Les chiffres, toujours les chiffres : avec 13 millions d’euros d’investissement, dont 1,1 million provient d’un reste à réaliser, un autofinancement brut de 5,3 millions d’euros, dont 1,5 million d’excédents antérieurs, un prévisionnel d’emprunt de 8,7 millions, contre 12,8 millions en 2020, dont 4 millions d’emprunts reportés… « L’épargne nette, de 1,1 million d’euros par an, n’est pas suffisante », a conclu celui qui est aussi maire de Tercis-les-Bains.

« Pas d’actions structurantes »

Philippe Delmont, le maire de Seyresse, s’il ne les conteste pas, trouve ces chiffres déprimants : « Ce budget est platonique, il n’y a pas d’allant et pas d’envie de le suivre. Pas d’actions structurantes, et il nous a été présenté de manière très anxiogène. Pour résumer, c’est : On n’a plus d’argent, on ne peut plus rien faire, et c’est de la faute des autres. Vous ne montrez pas une dynamique positive. » Hikmat Chahine plaide la responsabilité collective : « Ce n’est pas anxiogène, c’est la réalité. On est à douze ans de désendettement. Nous mettons 4,7 millions sur les voiries et 13 millions d’investissement total. Doit-on encore emprunter, fermer les yeux ? Mettre plus de taxes ? Nous ne sommes pas d’accord avec ça. »

Julien Dubois s’est accroché au projet de territoire : « Ce projet, nous y travaillons tous ensemble pour écrire le cadre de l’action qu’on doit mener au cours de ce mandat. Les projets structurants ne sont pas dans ce budget et nous souhaitons nous dégager des marges de manœuvre. » Yves Loumé, élu communautaire dacquois, a tenté de résumer la pensée de ses collègues d’opposition : « Il nous tarde de voir les projets structurants. Quant au côté anxiogène, c’est parce que vous regardez toujours le verre à moitié vide, et que nous regardons celui à moitié plein. »

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Très cher centre aquatique

Mais là où la discussion s’est définitivement envenimée, c’est lorsque le centre aquatique (toujours lui), est revenu dans les débats. Le maire de Saint-Vincent-de-Paul, Henri Bedat, est revenu sur le transfert de charges de l’ancienne piscine de Dax à l’agglomération : « Sur la majorité du budget, je n’ai rien à redire. Mais comme je l’ai déjà fait savoir en bureau des maires, je ne peux pas cautionner le transfert des charges de 450 000 euros de l’ancienne piscine de Dax au Grand Dax. Je vous donne la solution pour remettre 450 000 euros dans les caisses communautaires. Julien Dubois a saisi la balle au bond : « J’ai l’impression d’être dans “Retour vers le futur”. Ton intervention, Henri, aurait dû avoir lieu bien plus tôt. Le maire de Oeyreluy, à l’époque, avait tenté d’alerter tout le monde. Ceux qui désormais contestent le montage ficelé à l’époque sont ceux qui l’ont voté. » Le budget primitif a été voté avec 14 abstentions.

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