12 mai 2021

Des cagnottes lancées pour sauver une exploitation familiale de poulets du Gers, touchée par la grippe aviaire

L’épidémie de grippe aviaire débutée en novembre dernier a touché de plein fouet une famille d’éleveurs de poulets fermiers, à Vic-Fezensac, dans le Gers. En grande difficulté financière, ils ne peuvent relancer leur activité. Lire l’article original

Depuis la mi-novembre, la grippe aviaire touche les élevages français. Le risque épidémique est désormais “modéré” mais on comptait encore fin avril 492 foyers de grippe aviaire, dont une immense majorité (475) dans le Sud-Ouest. A cause de cette crise qui dure, une famille d’éleveurs de poulets fermiers de Vic-Fezensac, dans le Gers, pourrait voir son activité totalement s’arrêter à la mi-mai. Deux cagnottes ont été lancées pour sauver cet élevage totalement indépendant, qui dispose de son propre abattoir et commercialise soi-même sa production. “Nous sommes dans l’impossibilité de remettre en place des poussins sur notre exploitation, par manque de trésorerie” explique Fanny Sillières, qui dirige l’exploitation avec ses parents.

Nous n’avons perçu aucune indemnisation

La jeune femme a lancé une cagnotte en ligne, suivie d’une seconde, lancée par l’association Les Canards en colère. D’abord empêchés de faire venir des poussins par les mesures de protection limitant les mouvements de volailles, Fanny Sillieres et ses parents sont désormais bloqués par le manque de fonds.Le 19 janvier, on nous a dit qu’on ne pouvait plus recevoir de poussins. Heureusement, nous avions du stock pour tenir jusqu’au 10 mai (…) On abat entre 600 et 700 volailles par semaine” explique la jeune femme. “Normalement, on a autorisation de redémarrer le 18 mai, mais nous, à cause de la crise et de l’incompétence de nos politiques, nous n’avons perçu aucune indemnisation.” 

10 salariés bientôt au chômage partiel

Les demandes d’aides financières n’ont, pour le moment, rien donné. “Je ne sais pas ce qui bloque” dit Fanny Sillieres, assurant que l’ensemble de la filière est en attente d’indemnisations. Sur l’exploitation familiale de Vic-Fezensac, ce sont 10 salariés qui vont se retrouver au chômage partiel. Quant aux clients, Fanny Sillieres craint de les perdre définitivement. “Je pense qu’on va en perdre plus de la moitié (…) ils vont forcément partir ailleurs. La priorité, c’est de remettre en place des poussins pour peut-être, dans 3 mois et demi, redémarrer correctement et récupérer nos clients. Passé ce délai, ce sera très compliqué financièrement.”

Pour redémarrer dans de bonnes conditions, 80.000 euros seraient nécessaires à l’exploitation, touchée par la grippe aviaire mais également par la crise économique liée à l’épidémie de coronavirus. Le 4 mai, les deux cagnottes atteignaient la somme totale de 3645 euros.

La famille Sillieres ne peut pas relancer son activité
La famille Sillieres ne peut pas relancer son activitéFanny Sillieres

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