21 juin 2021

Dax : le tribunal propose une formation aux gestes qui sauvent comme peine alternative

Une convention a été signée ce lundi entre le tribunal judiciaire de Dax, l’association des pompiers landais et l’Adavem, pour proposer un nouveau genre de peine alternative. Des délinquants se verront ainsi proposer une formation aux premiers secours. Lire l’article original

La prison ou un brevet de secourisme ?  Ce serait grossir le trait que de le présenter comme cela mais c’est l’esprit de la convention signée ce lundi entre le tribunal judiciaire de Dax, l’association des pompiers landais et l’Adavem, l’association d’aide aux victimes des Landes. Désormais, le tribunal judiciaire de Dax, que ce soit le parquet ou les magistrats, pourront proposer aux délinquants condamnés de se former aux gestes de premiers secours pour éviter une autre peine. Cela s’appelle une alternative à la peine.

Un stage de citoyenneté actif

Des stages de citoyenneté comme alternative à la peine, cela existe déjà. C’est l’Article 131-5-1 du code pénal qui dispose :
Lorsqu’un délit est puni d’une peine d’emprisonnement, la juridiction peut, à la place de l’emprisonnement, prescrire que le condamné devra accomplir un stage de citoyenneté, tendant à l’apprentissage des valeurs de la République et des devoirs du citoyen“. Une alternative à la peine souvent utilisée. 

Mais le procureur de la République de Dax estimait que, parfois, les personnes qui y assistent ne font que s’asseoir et écouter un représentant de l’Etat faire des rappels d’ordre théorique. Avec ce nouveau type de stage de citoyenneté, “c’est un stage vraiment responsabilisant qui oblige les stagiaires à être vraiment dynamiques, à participer, à être vraiment acteurs. Là, on est vraiment au cœur de la citoyenneté parce que, quand on évoque les premiers secours, c’est évidemment être citoyen, premier intervenant, si quelqu’un fait un malaise dans la rue”, détaille Rodolphe Jarry, le procureur de la République de Dax. Le public visé sera plutôt un public jeune, de jeunes majeurs dont la peine est aménageable.  

De gauche à droite, Ramuntxo Recarte, représentant des pompiers landais, Rodolphe Jarry, procureur de la République de Dax, Florence Bouvier, présidente du tribunal de Dax et Anne Decung de l'Adavem
De gauche à droite, Ramuntxo Recarte, représentant des pompiers landais, Rodolphe Jarry, procureur de la République de Dax, Florence Bouvier, présidente du tribunal de Dax et Anne Decung de l’Adavem © Radio FrancePaul Ferrier

Un diplôme à la clé

A l’issue de ce stage de citoyenneté, il y a un diplôme : le PSC1. C’est le premier niveau de secourisme qui est obligatoire pour certains concours de la fonction publique ou pour accéder à certains métiers comme taxi. C’est donc un double bénéfice pour Anne Decung, la directrice de l’Adavem JP 40, l’association départementale d’aide aux victimes et de médiation des Landes. “Le PSC1 est un diplôme qui va être une atout aussi pour les plus jeunes qui s’inscriront dans un projet d’insertion professionnelle“, ajoute la directrice. D’autant qu’en plus de la formation aux gestes de premiers secours, les stagiaires apprendront également à utiliser un extincteur ou à évacuer un bâtiment. “Tout cela, ce sont des choses que les stagiaires pourront mettre en valeur au sein de leurs entreprises”.  

Le stage se déroulera dans des casernes avec des pompiers professionnels. “On estime qu’environ 7 personnes sur 10 sont témoins d’un accident qui peut arriver sur la voie publique. Mais seulement 20% agissent“, explique Ramuntxo Recarte, président de l’union départementale des sapeurs pompiers. “Pourquoi ? En général c’est la peur ou la méconnaissance. L’enjeu, c’est de former un maximum de personnes civiles aux premiers secours“.    

Ce stage est payant, 200 euros à la charge du condamné.  C’est 50 euros de plus que pour un stage de citoyenneté classique.  

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