7 mai 2021

Dax : au cœur des urgences de l’hôpital, toujours sans système informatique

Ce lundi 22 février, presque deux semaines après la cyberattaque, le personnel de l’hôpital de Dax doit toujours travailler sans système informatique. Reportage dans le service des urgences, où transitent près de 60% des patients de l’établissement. Lire l’article original

“J’étais sur ce poste, en train de travailler sur un dossier médical”, se souvient Pierre Fabre, chef des urgences de l’hôpital de Dax, ce lundi 22 février. Deux semaines plus tôt, il a vécu la cyberattaque en direct ; dans la nuit, il a réorganisé tout son service.

La première chose que j’ai faite : prendre un papier et un crayon”            
– Jean Fabre, chef des urgences

Partout dans le service, il a fallu se réadapter ; à commencer par l’accueil des urgences. “On a dû, en urgence, mettre un système d’ordinateurs et d’imprimantes délocalisés du réseau“, poursuit le chef du service. 

Même si tout ne se fait plus au papier et au crayon, Cathy, à l’accueil, met beaucoup plus de temps à faire les fiches des patients : “habituellement, si un patient est déjà venu, on a déjà beaucoup de renseignements dans notre base de données. Là, forcément, on reprend tout à chaque fois”.

À l’accueil, pour chaque patient, une étiquette est imprimée. Elle est ensuite collée sur un cahier, où sont donc référencés tous les patients présents dans le service. “C’est cela, maintenant, notre informatique, sourit Jean Fabre. Les anciens du service, comme moi, on a travaillé la-dessus pendant 15 ans, voire plus.

Un système, en revanche, qui est totalement inédit pour beaucoup de soignants. “Pour moi qui suis plutôt jeune et qui ai tout fait à l’ordinateur depuis que j’ai commencé les études, rit Alizée, médecin, c’est très long d’écrire à la main et on ne met pas autant d’informations.”

Un appel à ne pas surcharger le service

Ce qui pose le plus problème aux soignants, c’est l’absence de l’historique des opérations, du suivi médical des patients qui entrent aux urgences. “Par exemple, une petite mamie qui tombe sur le crâne, continue le chef du service, si elle n’est pas capable de nous dire qu’elle est sous anticoagulants – alors que l’on peut d’habitude le savoir en deux secondes, ça change complètement notre prise en charge.”

Jean Fabre, chef du service des urgences de l'hôpital de Dax.
Jean Fabre, chef du service des urgences de l’hôpital de Dax. © Radio FrancePaul Sertillanges

_”Les améliorations que l’on a ressenti au quotidien ne suffisent pas pour l’instant à dire ‘_aller feu, tout le monde peut rentrer’, bien sûr que non, on en est loin, lâche-t-il. _On est revenu sur des délais plus acceptables mais qui ne sont pas les délais habituels_.

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