1 mars 2021

Cyberattaque à l’hôpital de Dax : blocs opératoires quasi à l’arrêt, la CGT “scandalisée”

La situation est grave à l’hôpital de Dax après l’attaque informatique de ce mardi qui paralyse l’établissement. Tous les services, soins comme administratifs, se retrouvent confrontés à d’importantes difficultés. La CGT est ‘scandalisée”. Lire l’article original

Ce mercredi, un patient a été transféré de l’hôpital de Dax en direction de celui de Bordeaux car l’établissement ne pouvait pas le prendre en charge. La situation est grave à l’hôpital de Dax après l’attaque informatique de ce mardi qui paralyse l’établissement. Plus aucun ordinateur n’y fonctionne, tous les logiciels de travail sont inutilisables et ce sont tous les services, soins comme administratifs, qui se retrouvent confrontés à d’importantes difficultés.  Une situation de crise qui s’ajoute à celle du Covid avec un hôpital de Dax sous tension.

“Je suis en colère”

Je suis en colère et scandalisée“, lance Géraldine Madounari, secrétaire générale de la CGT à l’hôpital de Dax. “Les agents, les soignants, sont à pied d’oeuvre depuis un an à cause de la crise sanitaire. On n’a pas besoin que des cybercriminels en rajoutent une couche en attaquant l’hôpital. _C’est scandaleux, c’est révoltant, on parle d’humain_. On parle de gens qui sont malades, d’agents qui sont à bout à cause de la situation“. 

Ce mardi, le parquet de Dax s’est dessaisi de l’enquête au profit de la section cybercriminalité du parquet de Paris. Ce dernier confirme qu’une demande de rançon a été formulé par les hackers, qu’une enquête pour “atteinte à un système de traitement de données mis en oeuvre par l’Etat en bande organisée ; modification et introduction frauduleuse de données dans le système et extorsion en bande organisée et association de malfaiteur, est ouverte. Le parquet de Paris qui confirme également que les réparations sur le système informatique de l’hôpital de Dax sont en cours. Ce mardi soir, la direction de l’hôpital de Dax n’a toujours pas communiqué. 

Les blocs opératoires quasiment à l’arrêt

Dans le hall d’accueil de l’hôpital l’ambiance reste pourtant sereine, en apparence. Et pourtant. Pour les admissions, les agents administratifs font des documents manuscrits. Tous ces documents papiers devront d’ailleurs être ressaisis sur ordinateur une fois le problème résolu, ce qui fera encore du travail supplémentaire. 

A l’entrée de l’hôpital, Guy et sa femme, un couple âgé, sortent d’une  consultation pré-opératoire : “Moi j’avais rendez-vous pour l’anesthésie mais il n’y a plus d’informatique, j’ai été obligé de tout faire à la main. J’avais rendez-vous avec une infirmière, elle n’était même pas au courant. Et d’après ce qu’elle m’a dit, peut-être que l’opération sera annulée“. 

Je ne comprends pas pourquoi on s’est attaqué à l’hôpital … Merde !

Les blocs opératoires de l’hôpital de Dax ne peuvent plus travailler ou presque sans informatique confirme Séverine Hubert, infirmière anesthésiste au bloc opératoire à l’hôpital de Dax et représentante CGT : “_les opérations programmées sont arrêtées, on assure quand même les urgences_. Mais problème : la stérilisation des instruments est gérée de manière informatique. C’est en carafe. Pour avoir accès aux bilans sanguins du patient, pour ses antécédents de consultation cardio, tout est sur informatique”

Au moment où l’infirmière s’emporte, un cadre du bloc opératoire entre. Il confirme et explique qu’avec la Covid, plus de 150 opérations programmées ont déjà été repoussées. Les chirurgiens vont encore engranger du retard avec cette nouvelle vague de déprogrammation liée à l’attaque informatique. 

“Comme il y a 30 ans” 

Mais autre problème. Pour déprogrammer les opérations, le cadre de santé note que les secrétaires n’ont plus les numéros de téléphone des patients. Ils sont sur des dossiers informatisés.  Pire raconte-t-il. Pour les opérations qui ne peuvent pas être repoussée, pour l’urgence, les chirurgiens n’ont plus accès aux documents pré-opératoires. 

Plus de radio, plus d’analyses biologiques. S’ils veulent faire des radiographies pour opérer, il faut soit déplacer l’appareil, soit déplacer le patient. “Comme il y a 30 ans“. Pour les analyses de sang, il raconte cette histoire. Un chirurgien a eu besoin d’une numération. Une analyse de sang. L’anesthésiste a dit au chirurgien de se fier à l’observation du blanc des yeux du patient. “Comme il y a 30 ans“. Sinon, reste la solution de courir de services en services avec les prélèvements et de revenir chercher les résultats rendus de manière manuscrits. 

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