7 mai 2021

Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : “Encore des efforts” pour “retrouver notre vie d’avant”

Le “point épidémio” hebdomadaire de Santé Publique France en Nouvelle-Aquitaine s’ouvre sur un édito ce vendredi. “Ce n’est qu’au prix d’une lutte collective et individuelle que nous pourrons retrouver notre vie d’avant” écrit Laurent Filleul, responsable régional de l’agence de surveillance. Lire l’article original

Alors que le premier cas de Covid-19 était identifié au CHU de Bordeaux il y a un an, le patron de l’agence de surveillance du coronavirus en Nouvelle-Aquitaine, Laurent Filleul, s’est fendu d’un long édito dans le désormais traditionnel bulletin épidémiologique hebdomadaire régional de Santé Publique France. “Un an : un triste anniversaire que celui de l’émergence du virus SARS-CoV-2″ écrit-il ce vendredi 29 janvier 2021. L’épidémiologiste qui a suivi avec ses équipes l’évolution de la circulation du virus, la première et la deuxième vague, évoque l’impact sanitaire “considérable” du coronavirus, “bien que notre région ait été moins touchée, ce bilan est trop lourd”. 

Laurent Filleul revient sur le travail accompli par son agence : “Une année entière d’investigation, de développement de systèmes de surveillance épidémiologique, de reporting afin de produire de l’information épidémiologique à ceux qui en ont besoin : décideurs, professionnels de santé, médias. Mais également une année de débat, de critique vis-à-vis notamment des chiffres produits or aucune épidémie n’a été autant surveillée, autant suivie au plus près”. 

Nous sommes tous conscients que cela nous demande encore des efforts après une année de privation et de souffrance.

Quant au débat sur la nécessité d’un reconfinement face aux nouveaux variants, Laurent Filleul ne se prononce pas mais insiste sur le fait que “la gestion de cette crise sanitaire ne peut se faire que collectivement”. Et conclut : “A ce jour, où les indicateurs sont de nouveau à la hausse dans notre région, ce collectif doit poursuivre sa mobilisation, les actions de prévention doivent être renforcées, la vaccination doit être expliquée, renforcée et accélérée. Nous sommes tous conscients que cela nous demande encore des efforts après une année de privation et de souffrance, mais ce n’est qu’au prix de cette lutte collective et individuelle contre ce virus que nous pourrons retrouver notre vie d’avant.”

La progression de la circulation du SARS-CoV-2 se poursuit effectivement en ce mois de janvier en Nouvelle-Aquitaine selon les relevés de Santé Publique France. Le taux d’incidence augmente de façon progressive depuis quatre semaines atteignant un taux de 166,7 pour 100 000 habitants ce vendredi. “Cette tendance à la hausse est observée dans toutes les tranches d’âge, hormis chez les 75 ans et plus où ce taux tend à se stabiliser” constate Santé Publique France. Le nombre de personnes hospitalisées est aussi en augmentation alors que la campagne de vaccination qui se poursuit a permis à 2,1% de la population de recevoir une dose de vaccin.

NB : retrouvez tous les derniers chiffres par département (parfois plus récents que ceux présentés par Santé Publique France dans son point épidémiologique) en fin d’article.

Le taux d’incidence le plus élevé dans les Deux-Sèvres

Une hétérogénéité du taux d’incidence est toujours observée sur le territoire néo-aquitain avec un taux d’incidence allant de 117,6 pour 100 000 habitants en Haute-Vienne à 261,4 pour 100 000 hab. dans les Deux-Sèvres. La hausse du taux d’incidence se poursuit dans la majorité des départements, particulièrement en Corrèze (+35 %), en Creuse (+48 %), dans les Landes (+21%), en Dordogne (+28 %) et dans la Vienne (+25%). Une tendance à la baisse du taux d’incidence a cependant été observée dans deux départements : en Lot-et-Garonne et en Haute-Vienne. Le taux d’incidence dans les Deux-Sèvres reste le plus élevé et atteint 261,1 cas pour 100 000 hab. Ce taux est relativement stable dans ce département. Un cluster du variant anglais du coronavirus a été détecté dans ce département a appris ce vendredi France Bleu Poitou

“Forte augmentation” des nouvelles hospitalisations

Au 26 janvier 2021, 1464 personnes sont hospitalisées pour Covid-19 en Nouvelle-Aquitaine, dont 205 en services de réanimation ou soins intensifs (contre respectivement 1317 et 172 la semaine dernière). Parmi les patients hospitalisés, plus des trois quarts (75 %) ont plus de 70 ans. Un tiers des patients (29,1%) sont hospitalisés en Gironde, 13,3 % dans les Pyrénées-Atlantiques, 11,1 % en Charente-Maritime où l’hôpital de La Rochelle a lancé un appel aux médecins retraités pour renforcer ses équipes. Le nombre de nouvelles hospitalisations et de nouvelles admissions en réanimation est “en forte augmentation” (respectivement+ 39,6 % et +49,3 % par rapport à la semaine précédente).

2209 décès avec mention de Covid-19

Au 25 janvier 2021, 2209 décès avec mention de Covid-19 ont été reçus via la certification électronique des décès, soit 143 décès supplémentaires au cours de la troisième semaine de janvier. Plus de la moitié de ces décès (52,9 %) concernaient des hommes. Parmi les patients décédés, la majorité (83 %) étaient âgés de 75 ans ou plus. La majorité (60 %) avait au moins une comorbidité connue renseignée dans le certificat de décès.

2,3% de la population vaccinée

Au 27 janvier 2021, selon l’Agence régionale de santé, 137.523 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid-19 en Nouvelle-Aquitaine depuis le début de la campagne de vaccination, représentant 2,3% de la population totale régionale. La répartition des doses de vaccin fait polémique notamment dans le département des Deux-Sèvres où certains députés estimaient en début de semaine que la population avait été sous-dotée en vaccins. 

Les chiffres du coronavirus en Nouvelle-Aquitaine

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