17 mai 2021

Coronavirus : construction record de piscines privées au Pays Basque et dans les Landes

Si certains secteurs économiques souffrent depuis le début de la crise sanitaire, d’autres surfent sur les confinements. C’est le cas des constructeurs de piscines, en particulier sur la côte basco-landaise. Depuis un an, leurs carnets de commande sont remplis et les matériaux commencent à manquer. Lire l’article original

La crise sanitaire ne fait pas que des malheureux. En cette période, certaines activités économiques tirent leur épingle du jeu, notamment les constructeurs de piscine sur la côte basque et les Landes. Leur activité a considérablement augmenté depuis un an. Aujourd’hui, les carnets de commande sont pleins. Les fournisseurs commencent à avoir du mal à suivre et les délais de livraison s’allongent.

“On planifie pour début 2022”

“Le Covid a un peu aidé. Ce n’est pas bon pour tout le monde, mais pour le business c’est pas mal”, avoue Frédéric Dunglas qui a lancé son entreprise DF Piscine à Bayonne en février 2020 juste avant le premier confinement. En à peine un an d’activité, cet ancien salarié d’un grand constructeur a multiplié par 4 son chiffre d’affaires prévisionnel et emploi déjà 3 maçons. “Il y a beaucoup de demandes cette année, poursuit l’entrepreneur. Les gens, au lieu de dépenser à l’extérieur, dépensent à la maison sur tout ce qui est jardin, donc forcément la piscine avec.”

Une explication que partage Stéphane, collaborateur de l’entreprise Piscine Klea. Alors que l’année 2020 débutait sous de bons augures, les confinements successifs ont augmenté la tendance : _“depuis l’été 2020, on est sur un plateau très haut de demandes_, de sollicitations et de réalisations, un calendrier qui est bien rempli jusqu’à l’hiver 2021 et des projets aujourd’hui que l’on planifie pour début 2022″. Du coup l’entreprise biarrote d’une dizaine de salariés, dont la zone d’activité s’étend de Capbreton à Hendaye, a embauché 3 nouveaux collaborateurs ces derniers mois. 

La crainte d’un nouveau confinement

Pour Christine, technicienne chez Sweetline, concessionnaire d’un grand fabricant français pour les Landes et le Pays Basque, qui vient de déménager de Tarnos à Bayonne pour s’agrandir, la crise sanitaire et les confinements auraient accéléré les projets de construction prévus sur du plus long terme. “On voit sur le terrain qu’effectivement les gens ont plus envie d’aménager et de profiter de leurs extérieurs, ne sachant pas trop ce qui va se profiler dans les mois à venir.” La crainte d’un nouveau confinement, de déplacement limités, alliée au report de dépenses qui auraient été normalement consacrées aux vacances.

Parmi les clients, il y a bien sûr les nouveaux propriétaires, nombreux à s’installer sur la côte depuis le début du confinement, et qui en profitent pour faire construire la piscine. Il y a également ceux qui font bâtir la maison et en profitent pour rajouter le bassin. Des terrains plus petits qu’auparavant, pour lesquels les piscinistes trouvent des solutions : “on installe des spas qui permettent à la fois de nager et d’avoir l’effet relaxant de la balnéo”, explique Stéphane de chez Klea.

Mieux chez soi, plus longtemps

Si l’intérieur des terres est également concerné, le phénomène est très présent sur la côte malgré la proximité des plages. Pour Stéphane l’explication est double : “il y a l’effet confinement qui fait que chacun commence à bien regarder chez soi et à apporter le maximum de confort. Il y a d’un autre côté aussi une côte basque qui est de plus en plus prisée et des personnes qui souhaitent finalement _être tranquilles au bord de l’eau chez elles, plutôt que d’être amassées sur une plage_“. Attirées par la beauté de la côte mais rebutées par sa popularité ?

Alors on construit. Ou on retape, ajoute Frédéric Dunglas : “beaucoup de grosses rénovations sur des vieille piscines qui n’ont pas tourné depuis pas mal d’années, les remettre au goût du jour pour avoir une piscine comme neuve.” On s’équipe également pour pouvoir profiter de l’investissement le plus longtemps possible grâce à une météo de plus en plus clémente avec le réchauffement climatique. “On complète beaucoup avec de la pompe à chaleur, acquiesce Christine, justement pour que les personnes puissent utiliser leur bassin plus longtemps dans l’année”.

Un rythme trop soutenu ?

Le revers de la médaille c’est que cet engouement n’avait pas été anticipé et que les fournisseurs ont de plus en plus de mal à suivre la demande. “Je suis surpris par le _manque de matériel, on a des pénuries sur pas mal de choses_, reconnait le patron de DF Piscine. Là ça coince un peu, on a plus de demandes que ce que l’on peut fournir. Tout ce qui est revêtement de piscine, par exemple, est à deux mois de délais minimum.” Sa consoeur de chez Sweetline confirme ces difficultés d’approvisionnement, son constructeur aussi a du mal à suivre la cadence : “aujourd’hui, les usines peuvent nous livrer qu’à partir du mois de septembre. Même pour l’année 2022, il va falloir s’y prendre vraiment de bonne heure.”

Si les piscinistes se réjouissent, ils restent également prudents. Cet engouement, ils l’ont déjà connu lors des épisodes de canicules. Comme par le passé, ils s’attendent au retour de bâton et à une baisse brutale d’activité dès que la crise sanitaire sera terminée. Et comme par le passé, ceux qui n’auront pas anticipé ou se seront lancés pour profiter de l’effet d’aubaine sans couvrir leurs arrières risquent d’en payer chèrement le prix.

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