28 novembre 2021

Assises des Landes : un procès pour tentative d’assassinat sur fond de racisme entre voisins à Ychoux

A partir de ce vendredi, Claude Gorsky sera jugé à la Cour d’assises des Landes pour avoir tiré à cinq reprises sur son voisin à Ychoux, en mai 2018. Deux semaines plus tard, Saïd El Barkaoui est décédé. Le sexagénaire est accusé de tentative d’assassinat sur fond de haine raciale. Lire l’article original

À partir de ce vendredi 1er octobre, et pour une durée de cinq jours, Claude Gorsky sera jugé à la Cour d’Assises des Landes pour tentative d’assassinat, en raison de l’appartenance réelle ou supposée à une ethnie, une nation, ou une prétendue race, sur la personne de Saïd El Barkaoui. Le 20 mai 2018, le sexagénaire est accusé d’avoir tiré à plusieurs reprises sur son voisin, décédé deux semaines après les faits. Avant l’ouverture de ce procès sur fond de haine raciale, France Bleu Gascogne vous dresse un rappel des faits.

20 mai 2018 : Saïd El Barkaoui reçoit cinq balles dans le corps

Le dimanche 20 mai 2018, en fin de journée, Saïd El Barkaoui, père de famille de 39 ans d’origine marocaine, reçoit cinq balles dans le corps, des balles qui seraient tirées par son voisin, Claude Gorsky, à Ychoux. Hospitalisé et opéré, le père de famille décède finalement deux semaines plus tard. Impossible de dire si les coups de feu sont à l’origine de son décès. 

Selon la famille de la victime, un conflit de voisinage opposait les deux hommes depuis un certain temps. Saïd El Barkaoui s’était installé dans cette maison avec sa conjointe et ses enfants, environ quatre ans avant le drame. Jamila El Barkaoui, la sœur de la victime, assure que son frère était victime d’insultes racistes de la part de son voisin, Claude Gorsky. Le retraité d’une soixantaine d’années est mis en examen pour tentative d’assassinat et placé en détention provisoire.

Décembre 2019 : Claude Gorsky est mis en liberté conditionnelle

La famille de Saïd El Barkaoui est sous le choc. La Cour d’Appel de Pau décide de mettre en libération conditionnelle Claude Gorsky, mis en examen pour tentative d’assassinat, dans l’attente de son procès. “Quand on a appris la nouvelle la semaine dernière, ça a été un coup de massue pour toute la famille, parce qu’on ne s’y attendait pas du tout. On est tombés à terre”, confiait alors la sœur de la victime.

Fin novembre 2020 : la motivation raciste et la préméditation sont retenues

Début octobre, un peu plus de deux ans après les faits, l’instruction est close. Dans ses réquisitions le parquet retient la volonté de tuer avec deux circonstances aggravantes : la préméditation et celle du crime raciste. Fin novembre, la Justice confirme : la motivation raciste et la préméditation sont retenues dans l’affaire El Barkaoui. Claude Gorsky est renvoyé devant la Cour d’Assises des Landes.

Avril 2021 : Claude Gorsky condamné pour avoir donné une gifle à la compagne de Saïd El Barkaoui

Claude Gorsky est jugé devant le tribunal de police de Mont-de-Marsan pour des faits commis 15 jours avant le drame, sur la compagne de Saïd El Barkaoui. Le 5 mai 2018, les enfants du couple envoient le ballon dans la haie du voisin, Claude Gorsky. Le retraité refuse de rendre la balle. C’est alors que leur mère arrive, le ton monte. D’après Claude Gorsky, sa voisine aurait voulu lui mettre une gifle. Mais, c’est lui qui finalement en donnera une. Il est condamné à 150 euros d’amende et 550 euros au titre des dommages et intérêts.

L’avocat de la famille, Frédéric Dutin, ne peut alors s’empêcher de faire le lien avec le drame du 20 mai 2018 : “Gorsky n’a fait qu’enkyster, envenimer la situation. C’est plus qu’un ballon qu’il refuse de rendre, mais un père qu’il leur a pris.” Mais la défense, en la personne de Maitre Anthony Sutter, tentait alors de recentrer le sujet : “Ce qui se passe après n’a rien à faire ici. Même si c’est ce genre de mésaventures qui aboutissent à des drames, il s’agit alors d’un simple et regrettable conflit de voisinage.” 

Octobre 2021 : le procès s’ouvre à la nouvelle cité judicaire de Mont-de-Marsan

Le retraité, aujourd’hui libre sous contrôle judiciaire, est poursuivi pour tentative de meurtre avec préméditation, en raison de l’appartenance réelle ou supposée à une ethnie, une nation, ou une prétendue race. Le procès débute ce vendredi 1er octobre, au nouveau Palais de justice de Mont-de-Marsan.

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