11 avril 2021

Armagnac : le soulagement de la filière après la suspension de la taxe Trump

La surtaxation des vins et spiritueux français aux États-Unis est suspendue pour quatre mois. Un véritable soulagement pour les producteurs d’Armagnac des Landes, du Gers, et du Lot-et-Garonne qui exportent plus de 20% de leur production outre-Atlantique. Lire l’article original

L’accord annoncé vendredi 5 mars entre les Etats-Unis et l’Union européenne suspend pour quatre mois les surtaxes douanières sur les vins et spiritueux français. Cette annonce a été accueillie avec soulagement par Paris, car les surtaxes américaines pénalisaient particulièrement les producteurs français. Il s’agit d’une « première étape dans le processus de désescalade » commerciale, a salué le ministre français au Commerce extérieur, Franck Riester. Cette taxe de 25% imposée en octobre 2019 par Donald Trump était une des conséquences de la guerre commerciale entre les deux géants de l’aviation Airbus et Boeing. 

En janvier 2020, moment où la taxe s’est appliquée sur les spiritueux français, il s’agissait d’un véritable coup de massue pour la filière de l’armagnac dans la mesure où environ 20% des exportations d’armagnac se font vers les Etats-Unis. Il s’agit, en volume, du premier marché à l’exportation pour l’armagnac et, en valeur, du deuxième marché, soit un chiffre d’affaires de l’ordre de 3 millions d’euros.

Darroze, comme d’autre grandes maisons d’armagnac a subi de plein fouet cette surtaxation. La taxe s’appliquait en effet seulement aux bouteilles dépassant un certain niveau de prix (à partir de 22,8 dollars pour une bouteille de 75 cl, selon le Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac – BNIA). Dans les faits, ce sont donc surtout les armagnacs millésimés, les plus chers, qui furent frappés par cette taxe supplémentaire de 25%.

Marc Darroze, patron de la maison d’Armagnacs du même nom, ne cache pas son soulagement : “Nous sommes soulagés, d’autant qu’on n’avait pas beaucoup de perspectives […], c’est une véritable bonne surprise“. Une bonne surprise car la levée de cette taxe arrive moins de deux mois après l’arrivée de Joe Biden au pouvoir, d’autant que les échéances des négociations semblaient être figées jusqu’en août. Toutefois, la filière s’estime lésée par cette guerre commerciale dont elle a été l’une des victime collatérale. Elle a le sentiment d’avoir fait les frais d’un conflit qui ne la concernait pas. “On était un peu les dindons de la farce et on payait les pots cassés de cette guerre entre Boeing et Airbus” nous confie Patrick Farbos, président du BNIA, l’interprofession de l’armagnac

“C’est un signe fort pour l’avenir”

« C’est une très bonne nouvelle et une grande satisfaction, se réjouit Patrick Farbos. C’est le résultat d’un fort engagement de l’ensemble de la profession française. Nous n’avions pas hésité à interpeller le Président de la République. C’est une première bonne nouvelle mais la bataille n’est pas terminée ». 

Le patron des armagnacs Darroze se veut également résolument optimiste. Pour lui, la suspension de quatre mois des surtaxes douanières devrait être définitive. “C’est un signe fort de la part de l’administration Biden […] et on peut espérer que ce soit prémices à des discussions beaucoup plus apaisées et qu’on ait moins à subir des décisions unilatérale d’un homme qui fait la pluie et le beau temps”.

Lire l’article original